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Cette généalogie concerne principalement les départements des Landes et de la Gironde, mais aussi la Provence au moyen age, et bien d'autres départements.
Les données des personnes vivantes ont été volontairement masquées par respect pour leur vie privée.

dimanche 19 septembre 2010

Contrat de mariage entre Jean Baptiste Defos du Rau et Alexandrine Candeloup, 1765


Contrat de mariage entre
Jean Baptiste de Fos du Rau et Alexandrine Candeloup
14 février 1765
de Fos du Rau
Article de mariage qui sera solemnisé en face de notre mère, la Sainte Eglise Catholique, apostolique et romaine, à toutes heures, d’entre sieur Jean du Rau, fils naturel et légitime du sieur Alexandre Defos seigneur du Rau et de Castaignet, et de demoiselle Alexandrine de Candeloup, fille naturelle et légitime de sieur Jacques Clément Candeloup, capitaine aide major du régiment des bandes Béarnaises, seigneur de Bazin et co-seigneur de Montfort pour le droit féodal des étrangers, et de dame Jeanne Destouesse

Lesquels futurs époux assistés savoir le dit sieur du Rau de sieur Alexandre Defos son père et de la demoiselle du Rau sa sœur aînée, et la demoiselle Candeloup de ses père et mère, et les deux de Mr Bertrand Lacouret, prêtre et curé de Gamarde, en sorte que le sieur Jean du Rau et la dite demoiselle Alexandrine de Candeloup ont promis de se prendre pour mari et femme et légitimes époux, en contemplation duquel mariage et des enfants qui d’icelui seront procréés, les dits sieur Candeloup et la dame Destouesse son épouse ont promis et constitué quand à présent pour dot et légitime paternelle et maternelle à la dite demoiselle Alexandrine Candeloup leur fille, la somme de 20.000 livres de laquelle ils s’obligent de payer la rente sur le pied de l’ordonnance leur vie durant, sans qu’ils puissent être contraints au paiement du dit capital, se réservant néanmoins de pouvoir se libérer de la dite somme en tout ou en partie à toutes heures, et recevant le dit sieur Jean du Rau la dite somme dotale, il sera tenu de la reconnaître et affecter comme d’hors et déjà il la reconnaît affectée et hypothéquée sur tous ses biens et causes présents et à venir, nommément et expressément, ceux à lui délaissés en faveur du mariage par le sieur Alexandre Defos du Rau son père, le tout pour la sûreté de la dite dot, et la réversion d’icelle le cas arrivant, 

et le sieur Alexandre du Rau en faveur du dit mariage et enfants qui en seront procréés institue le sieur Jean du Rau son fils son héritier général et universel de tous ses biens, lui donnant d’hors et déjà la jouissance de tous les biens, fonds et immeubles présents et à venir, mais à l ‘égard des sommes d’argent placées et  colloquées, il veut et entend s’en réserver les rentes sa vie durant, et pour prévenir toute discussion de famille, le dit sieur Defos du Rau père évalue la totalité de ses biens à la somme de 60.000 livres en ce comprenant les biens de Labenne et de Menachie qu’il acquit durant et constant mariage, lesquels deux biens il évalue à la somme de 9.000 livres, de laquelle dite somme de 60.000 il faut encore déduire celle de 6.000 livres qu’il a gagné d’agencement par le prédécès de la dame son épouse, outre et au delà des droits qu’il a acquis sur la légitime de deux demoiselles ses filles qui sont mortes depuis le décès de la dame leur mère, desquels droits tant agencement que les 9.000 livres ci dessus mentionnées il entend se réserver et en favoriser le sieur Jean du Rau son fils, en quoi il l’institue son héritier particulier et spécial, 

et des 45.000 le sieur du Rau père laisse pour tous droits de légitime paternelle et maternelle à la demoiselle Jeanne du Rau sa fille aînée la somme de 10.000 livres payables en biens fonds de proche en proche, en argent ou en contrat au choix de l’héritier, et supposé que l’incompatibilité survienne après le décès du sieur du Rau père, il veut et entend lui fasse en outre une pension viagère de 200 livres en quoi il l’institue son héritière particulière et lui prohibe de pouvoir rien prétendre au delà, et pour le regard, de la demoiselle Marthe sa fille puînée le dit sieur du Rau lui donne laisse et lègue pour tous ses droits de légitime paternelle et maternelle la somme de 5.000 livres payables également en biens fonds de proche en proche, argent ou contrat au choix de son héritier, le même cas d’incompatibilité survenant après le décès du père il veut que sa dite fille puînée soit jusque là, attendu ses infirmités, nourrie, soignée et entretenue par Jean du Rau son fils et son héritier, le dit sieur du Rau père n’ayant fait à la demoiselle sa fille aînée les avantages ci-dessus exprimés qu’en considération de sa tendresse paternelle et des soins qu’il reconnaît qu’elle s’est donné pour le bien de sa famille.

Il est convenu que les futurs époux seront à moitié d’acquêts et le sieur Jean du Rau veut et accorde à la demoiselle Candeloup sa future épouse un agencement de 12.000 livres, et la dite demoiselle future épouse accorde à son futur époux un agencement de 6.000 livres, voulant au surplus toutes parties et notamment le sieur Defos du Rau père qu’en cas de prédécès de son héritier la dite future épouse ait la jouissance et l’administration de ses biens et enfants sans être tenue à rendre compte ni prêter de reliquat.

Fait double à Montfort le 14 du mois de février 1765. Les futurs époux pourront déposer à leur volonté en faveur de qui il appartiendra non seulement de l’agencement mais aussi de leur portion d’acquêts.
Fait le même jour et an que dessus signé Defos du Rau fils, Defos du Rau père, Alexandrine Candeloup, Destouesse, Candeloup, Jeanne Defos du Rau, Marthe Defos du Rau, Lacarret curé.

Inséré à Dax le 19 juin 1769. Reçu 325 livres suivant la note ci-dessus.

Le 16 mars 1774 est mort Alexandre du Rau aïeul, père de Jean du Rau.

Contrat de mariage entre Alexandre de Fos du Rau et Catherine de Laborde, 1723


Contrat de Mariage du 25 août 1723
Entre Alexandre Defos du Rau et Catherine de Laborde
Par devant Maitre Duclercq, notaire royal à Bayonne
de Fos du Rau
de Laborde

Aujourd’hui, 25ème du mois d’août 1723, en la ville et cité de Bayonne, par devant moy notaire royal soussigné présents les témoins bas nommés, pacte et accords de mariage on été fait, conclus et arrêtés par parole de futurs suivant les us et coutumes de Bayonne, entre

Sieur Alexandre Defos, seigneur du Rau, paroisse de Gamarde, diocèse de Dax, fils naturel et légitime de Sieur Jean Defos du Rau et de feue demoiselle Catherine Bardin, faisant et contractant pour soy, du vouloir et consentement du dit Sieur Jean Defos du Rau son père, absent, auquel il nous promet en tant que de besoin faire approuver et ratifier (...) à toutes heures, assisté de Monsieur Jean Baptiste de Bergoing, prêtre chanoine de la cathédrale de la ville Dax, de M° M° Guillaume Antoine Maurian conseiller du roy, lieutenant assesseur au sénéchal d’Albret siège de Tartas, ses cousins, et autres ses parents et amis d’une part,

Et Demoiselle Catherine de Laborde, fille naturelle et légitime de feu sieur Pierre Laborde, vivant conseiller du Roy, receveur des décimes, et de dame Jeanne de Laborde, faisant et contractant du vouloir et consentement de la dite dame Jeanne Laborde sa mère cy présente et de l’avis et assistance de Dame Josèphe d’Urtubie de Laborde son aïeule, dame d’honneur de Sa Majesté la Reyne douairière d’Espagne, Messire Pierre de Bruix, écuyer major d’hommes de Sa Majesté la Reyne douairière, gouverneur de sa royale maison et de ses royales écuries, Messire Dominique Davancour, écuyer, brigadier des armées du Roy, chevalier de l’ordre militaire de Saint Louis et commandant pour le Roy en cette ville, Monsieur Jean Laborde frère de la future, Messire Salvat de Lespes, seigneur de Hureaux, conseiller du Roy, lieutenant général au sénéchal de cette ville, Messire Jean de Laborde, naguère conseiller du Roy au siège de l’amirauté, Monsieur André Laborde, écuyer cabaillerisse de Sa Majesté la Reyne douairière, M° Anthoine Laborde l’aîné, M° Louis Dulivier, ancien conseiller du Roy receveur des décimes, Sieur Léon Rol, homme d’armes, M° Léon Dulivier beau-frère de la future, M° Joseph Dulivier, M° Pierre Vinatier, M° Mathieu Laforcade, procureur du Roy au siège de l’amirauté, Messire Jean Louis de St Esteben, écuyer, M° Joseph Dulivier, M° Pierre Léon Dulivier, M° Louis Dulivier advocat au parlement, M° Pierre Dulivier, Sieur Jean Desbieys, et Guillaume Ducros, (...).

En sorte que le dit Sieur Defos du Rau et la dite demoiselle Catherine de Laborde ont promis se prendre pour mary et femme et légitimes époux et ouïr messe nuptiale dès demain en face de notre mère Sainte Eglise catholique, apostolique et Romaine, en faveur et contemplation duquel mariage, et des enfants qui à l’aide de Dieu en seront procréés, la dame Jeanne Laborde, de son chef et comme héritière testamentaire du dit sieur Pierre Laborde son mary, a promis et constitué pour dot et légitime paternelle et maternelle y compris le légat à elle fait par le dit feu sieur son père, la somme de 22.000 livres, et en outre la dite demoiselle future épouse habillée à neuf, de ses habits nuptiaux, linge, nippes et effets suivant son état et condition, laquelle somme de 22.000 livres la dite dame de Laborde mère, a tout présentement payé, compté  et réellement délivré en espèces et Louis d’or de 39 livres 12 sols chacun, Louis d’argent de 46 sols, et autres monnaies en cours, le tout pris et retiré par le sieur Defos du Rau au vu de nous, notaires et assistance, et les habits, linge et effets pareillement remis au pouvoir de la dite demoiselle Laborde future épouse, ainsi que celui-ci a déclaré, et tant elle que le sieur Defos du Rau futur époux ont déclaré acquitter et décharger, acquittent et déchargent la dite dame Laborde de la somme de 22.000 livres, habits, linge et effets, et partant le dit sieur Defos du Rau a reconnu affecter et hypothéquer, reconnaît affecte et hypothèque la somme de 22.000 livres de dot au profit de la dite demoiselle future épouse sur tous et chacun de ses biens et causes présents et à venir, nommément et expressément ceux à lui donnés en faveur du mariage par le dit sieur Jean Defos du Rau son père dans l’acte entre eux passé le 19 d’avril 1722 devant M° Gardilan notaire royal, le tout pour la (...) et la dite dot et réversion d’icelle le cas arrivant, suivant et conformément à la coutume de cette ville, attendu ce la dite demoiselle Laborde future épouse autorisée en tant que besoin serait par le dit sieur Defos du Rau son futur époux, a renoncé et renonce à demander et prendre d’autres plus amples droits sur les biens paternels et maternels sauf future succession, s’il y échoit.

Et le dit sieur Defos du Rau, en faveur du dit mariage et enfants qui en seront procréés, a assignés tous ses biens et droits, étant accordé que les dits futurs conjoints seront et demeureront associés en tous leurs acquêts qui se feront durant et constant le dit mariage, pour disposer chacun de sa part et moitié, en faveur de qui bon leur semblera.

Pacte accordé que le survivant des conjoints gagnera par forme d’agencement, qu’il y ait enfant ou non de leur mariage, savoir la future épouse sur les biens du dit sieur Defos du Rau son futur époux la somme de 1.000 livres, et le dit sieur futur époux sur la dite somme de 22.000 livres de dot, la somme de 6.000 livres.

Etant aussi convenu que si l’un des conjoints venait à décéder, laissant enfants du dit mariage, le survivant des dits conjoints voulant convoler pourra passer en faveur du second mariage la moitié de la dot ou assignat ci-dessus, nonobstant la coutume de cette ville, à laquelle pour ce regard particulier les dites parties ont dérogé, voulant au surplus qu’elle soit excusée selon sa forme et teneur, étant de plus convenu que tout autant que la future épouse demeurera en viduité, elle aura l’administration des enfants qui proviendront du dit mariage et la jouissance de tous leur bien, nourrissant, entretenant et élevant les dits enfants sans être tenue de rendre aucun compte, ni prêter de reliquat, de quoi le dit sieur futur époux la décharge.

Et cas arrivant aussi que le dit futur époux pré décède, la dite future épouse sans enfant, elle aura la décision de tous et chacun des biens du dit futur époux, et en fera les fruits siens, non seulement jusqu’au remboursement de la dite dot, mais encore jusqu’au paiement de la dite somme de 12.000 livres d’agencement, et de tout ce dont le futur époux pourra disposer en sa faveur, à la charge toutefois, au cas que le dit sieur futur époux vint à pré décéder le dit sieur Jean Defos du Rau son père, celui-ci aura et jouira de 700 livres de pension annuelle. Tant pareillement accordé entre la dite dame Laborde constituante et le dit Sieur Defos du Rau, que le cas de dot réversion ou dot arrivante par le décès de la dite demoiselle future épouse, sans enfant, le dit sieur Defos du Rau ne pourra être contraint sa vie durant au paiement et restitution du capital de la dite dot et réversion, soit par la dite Dame Laborde ni ses successeurs ou ayant cause, à la charge toutefois du paiement de la dite somme dotale sur le pied ou denier (...) qui courra après la première année de (...) de la dite réversion. Et laquelle rente sera payée au dit (...) annuellement par le dit sieur du Rau, après le décès duquel il sera loisible de repeser le paiement du dit (...) principal, sur les biens et hérédité du dit sieur du Rau.

Et pour l’entière exécution de tout ce dessus, les dites parties, chacune en trois fois, et pour leur intérêt particulier ont obligé affecté et hypothéqué tous et chacun leur bien présents et à venir, qu’elles ont soumis aux rigueurs de justice.

Fait en présence de Sieur Léon Maysonneuve, bourgeois, et Roger Labordette, praticien habitant au dit Bayonne, témoins cy signés avec les parties, assistants et Moy.


Archives familiales Defos du Rau, original

Contrat de mariage entre Jean de Fos du Rau et Catherine de Bardin, 1687


Contrat de mariage du dit noble Jean de Fos qui est le fils au dit noble Pierre dans lequel il prend la qualité de noble
Du 10ème février 1687
de Fos du Rau

Le dixième jour de février mil six cent quatre vingt sept avant midy en la ville de Tartas, par devant moy notaire royal au dit Tartas soubssigné, présens les témoins bas nommés, ont été présens et constitués en personne noble Jean de Fos escuyer fils légitime et naturel de noble Pierre de Fos escuyer seigneur du Rau et demoiselle Jeanne de Maurian, ses père et mère habitant de la paroisse de Gamarde d’une part, et Catherine Bardin demoiselle fille légitime et naturelle de feu Me Raymond de Bardin, vivant avocat en la cour et juge de Poyanne, et Marguerite Lasserre Demoiselle ses père et mère, habitante de la présente ville d’autre part,

Lesquels de leurs franches volontés on dit qu’en exécution de leurs pactes et articles de mariage par eux passés de l’avis, conseil et assistance de leurs parents du vingt troisième janvier dernier ils sont au propre de solemnizer et accomplir le dit mariage mais plus tôt ils ont voulu remettre comme ils remettent par ces présens les dits pactes et articles de mariage pour être rendus publiques et demeurer annexés au présent acte pour en être expédié coppie au bas des grosses d’icelluy à qui il appartiendra.

Et de ce dessus ce requérant, les dits feuteurs époux a été par moy dit notaire fait acte dans mon logis en présence de noble Bernard Delier escuyer seigneur d’Ages et de la Sala ?, jurat de la présente ville, et Barthélémy Labèque clerq habitant au dit Tartas signés à l’original avecq les dits feuteurs époux et moy.

Sensuit la teneur des dits articles de mariage

Articles de mariage faits et passés entre noble Jean de Fos escuyer, fils légitime et naturel de noble Pierre de Fos escuyer seigneur du Rau, et demoiselle Jeanne de Maurian, ses père et mère d’une part, et Catherine Bardin demoiselle fille légitime et naturelle de feu Me Raymond de Bardin, vivant avocat en la cour et juge de Poyanne, et Marguerite Lasserre Demoiselle ses père et mère, d’autre part, en la forme et manière que sensuit c’est que le sieur de Fos assisté des dits sieur de Fos et demoiselle de Maurian ses père et mère, de noble Pierre Joseph de Chambre escuyer conseiller du Roy lieutenant général au sénéchal de Tartas son cousin, monsieur maître Louis de Maurian conseiller du Roy lieutenant assesseur au dit sénéchal son oncle maternel, noble Bertrand de Chambre escuyer conseiller du Roy et lieutenant criminel au dit sénéchal son cousin germain, a promis de prendre pour sa femme et légitime épouse la ditte de Bardin demoiselle comme aussi la ditte de Bardin demoiselle assistée de maître Bernard Destouesse juge royal d’Auribat son beau-frère, noble Charles Dentin escuyer sieur de Saint Pée, noble Henry Dentin escuyer aussi sieur de Saint Pée, ses cousins, monsieur noble Pierre Estienne Ducamp seigneur d’Orgas Mellan et Lasalle, Dupoy avocat du royaume au sénéchal de Tartas son oncle à la mode de Bretagne du cotté maternel, demoiselle Josèphe de la Bedade épouse du dit sieur Ducamp, monsieur maître Louis Duboscq conseiller du Roy au dit sénéchal pour parent, et André Gorjon bourgeois et maître appotique de Tartas son parent par alliance, ses plus proches parents paternels et maternels, et de leurs avis et consentement a promis de prendre le dit sieur de Fos pour son mary et légitime époux.

Et toutes parties ont promis solemnizer le dit feuteur mariage à tous jours et heures que l’une partie en requerra l’autre à peyne de tenir depens domaiges et interêts, en contemplation duquel mariage et pour le support des charges d’icelluy la ditte demoiselle Bardin s’est constituée en dot tous et chacuns des biens droits noms raisons et actions qui lui compettent et appartiennent tant par le décès de ses deffunts père et mère que par la disposition de feue Jeanne Marie de Bardin demoiselle sa sœur aînée, et autrement en quelle manière que ce soit.

Comme aussi en contemplation du même mariage, le dit sieur de Fos et la ditte demoiselle de Maurian, père et mère, ont fait don et donation pure et simple irrévocable et entre vifs en faveur du dit sieur de Fos leur fils feuteur époux, par précipe et avantage à tous les autres enfants savoir de la maison noble du Rau, avecq ses dépendances consistant en grange eyrial jardin et bois appelé les Pinges, adjacent au dit jardin, comme aussy de la caverie noble de Castaignet avecq les fiefs nobles seulement, en dépendants exempt le dit précipe de tous dettes charges et hipotèques et autre, leurs autres biens estant en supportant la moitié des dettes, se réservant le dit sieur de Fos et Demoiselle de Maurian conjoints l’usufruit des dits biens donnés pendant leur vie à la charge de nourrir et entretenir le dit sieur de Fos et demoiselle Bardin feuteurs époux, leurs enfants valets et domestiques, moyennant quoi le dit sieur de Fos et demoiselle de Maurian conjoints jouiront de la moitié des biens et droits appartenant à la ditte de Bardin demoiselle, l’autre moitié réservée aux dits feuteurs époux pour en faire à leur plaisir et volonté, pacte accordé qu’il sera loisible aux dits feuteurs époux sy bon luy semble de prendre la ditte moitié des dits biens donnés de ceux adjacents à la ditte maison noble du Rau au dire d’experts jusqu’à concurrence de la ditte moitié et au cas que le dit sieur de Fos et la ditte de Bardin feuteurs époux ne puissent se compatir en demeure en la compagnie du dit sieur de Fos et demoiselle de Maurian conjoints a été arrété que les dits feuteurs époux jouiront de tous et chacun des biens appartenant à la ditte feuteure épouse et autre.

Les dits sieurs de Fos et de Maurian demoiselle père et mère leur laisseront la jouissance de tous et chacun des biens appelés Dardy situés en la paroisse de Gamarde.

Se sont associés les dis feuteurs époux en tous et chacun des acquêts qu’ils feront pendant leur mariage pour en disposer en faveur de tel de leurs enfants que bon leur semblera, et en cas de non d’enfants, pourront en disposer chacun de sa part à leur plaisir et volonté, gagneront les dits feuteurs époux en cas de prédécès de l’un de l’autre, savoir le sieur de Fos en cas de prédécès de la ditte demoiselle de Bardin la somme de quinze cens livres et en cas qu le sieur de Fos vienne à prédécéder la ditte de Bardin gagnera sur ses biens la somme de deux mille livres.

Et pour la plus grande validité de la susdite donation, les dittes parties ont vouleu qu’elle soit insinuée et enregistrée en registres de la cour de la sénéchaussée de Tartas.

Et pour icelle requerir, les dits sieur de Fos et de Maurian demoiselle conjoints ont nommé et constitué Me Dominique Dupin procureur en la cour de la ditte sénéchaussée, et pour icelle accepter le dit sieur de Fos et la ditte de Bardin demoiselle feuteurs époux Me Jacques Larena aussy procureur en la même cour, auxquels donnent pouvoir de le faire et promettent de ne les désadvouer.

Fait et passé en la ditte ville de Tartas après midy le vingt troisième jour de janvier mil six cens quatre vingt sept, ainsy signés.

Defos Durau, Catherine de Bardin, Defos DuRau, Jeanne de Maurian, Destouesse, Chambre, Ducamp oncle, Josèphe Labedade, Dubosc, et Gorjon ainsy signés
Dupin notaire royal

Extraite et collationnée de la présente coppie tirée sur autre coppie signée Dupin notaire Royal, par nous Jacques François de Borda conseiller du roy, président et lieutenant général au siège de Dax, ce requerrant pour Angélique de Borda prieure du couvent St Ursulle pour lui servir ce que de raison, et la présente extraction faite le tout a été retiré par la recevante sœur Angélique, fait à Dax le second jour du mois d’aoust mil sept cens vingt.

Original AD 40, couvent des Ursulines Dax (1638-1766) H 234 (227)


Contrat de mariage Jean de Fos et Josèphe de Prugue, 1536


Accord entre Jean de Fos et Josèphe de Prugue
Mont de Marsan, 31 décembre 1536
De Fos
De Prugue

Au nom de Dieu notre créateur, sachent tous présents et advenir que comme ? d’avant a été contracté mariage entre noble Pierre de Prugue pour et au nom de Josèphe de Prugue sa fille, d’une part ; et nobles Ricart de Fos de la présente ville, Jean, Domenjon, Pierre et autre Jean de Fos, pour et au nom du même Jean d’autre part ;

Par ce contrat les dicts de Prugue ont promis donner aux dicts conjoints pour eux ou hoirs d’eux descendants, la somme de 1200 francs bordelais et certaine mayson située en la dicte ville, moyennant lesquelles sommes et maysons ont été convenu qu’avant la solemnisation  du dict mariage ou incontinent après les dicts Jean et Josèphe renonceront à tout autre droit et portion ; que à la même Josèphe pourra appartenir compéter des présents en et sur les biens paternels et maternels ainsy que tout ci-dessus appert par instrument par moi notaire soussigné retenu.

Pour ce est il que ce jourd’hui, date du présent en la ville de Mont de Marsan, à la présence de moi notaire et des témoins sous nommés et écrits, ont été présents en leurs propres personnes et personnellement établis, les dicts Jean de Fos et Josèphe de Prugue conjoints, la dicte Josèphe le tout faisant de vouloir l’avis et autorité et exprès consentement du dict Jean son dict mari, et de luy dûment, et au cas requis, autorisée et conviée à faire et passer toutes et chacune des choses qui sont écrites.

Lesquels respectivement et chacun d’eux de leur bon gré et liberté et volonté ont quitté et renoncé, et par la teneur de ce présent quittent renoncent et remettent tout le dict droit, part et portion, que la dicte Josèphe pourrait compéter ou appartenir tant sur les biens paternels que maternels, et ce en faveur de nobles Jean et Martin de Prugue, enfants du dict Sieur de Prugue, de son second mariage, frères de la même Josèphe, ensembles au droit de succession qui pourrait appartenir à la même Josèphe sur les biens légitimes de Jean de Prugue son frère germain et fils du dit Pierre de Prugue, et ce moyennant la dicte somme de 1200 francs bordelais et mayson susdite, sauf et réservé par les dicts conjoints tout autre droit de future succession que les mêmes conjoints se, pertinemment et un chacun d’eux, reconnaissent avoir pris…

La dicte maison avec ses appartenances et dépendances est décrite aux pactes nuptiaux ; ensemble la dicte somme de 1200 francs bordelais laquelle le dict Prugue leur paya et délivra réellement et d’effet, en la présence de moi notaire et témoins susdicts.

Ces mille francs bordelais en or et argent comptant, comptés, numérés, pris et ? par les dicts conjoints en bon or , argent, et de bon poids. 

Et pour la dicte somme de 200 francs bordelais restante le dict Prugue a baillé et baille aux dicts conjoints présents et pour eux, leurs hoirs et successeurs, en stipulant : toute icelle vigne blanche terre laboratille jachère et champs, assise et située au terroir appelé ? pour d’ores et en avant en faire et dispenser, tant de la propriété et usufruit d’icelle, à leur vouloir et plaisir comme de leur propre domaine et héritage. 

Laquelle le dict Prugue a acheté de Jean de Bordenave dict de Lahenxes de la dicte ville pour la somme de 200 francs bordelais, à pacte de réméré droit et faculté par le dict de Prugue concédé au dict Lahenxes par certain terme encore pendant et advenir, pour icelle pouvoir racheter pour la mesme somme, le tout sous les confrontations contenues dans l’instrument d’achat retenu par Maître Arnaud Duvigneau notaire l’an 1530 ; lequel instrument le dict de Prugue bailla aux dicts conjoints.

De laquelle vigne blanche, terre culte, jachère, landes, le mesme de Prugue de son bon gré et libérale volonté, a promis et promet porter bonne et ferme et entière garantie d’ici mesme et toutes autres personnes du monde et d’iceux les dicts conjoints et leurs hoirs aux dicts biens baillés sauf et réservé le dict droit de faculté de réméré pendant le temps d’icelui.

Si les dicts conjoints seront tenus et ont promis la dicte vigne, terres, champs, landes, rendre au dict de Bordenave et aux siens, de leur rendre en les remboursant d’icelle dicte somme de 200 francs bordelais. 

Et de toute laquelle somme de 1200 francs bordelais le dict de Fos a acquitté et acquitte le dict de Prugue et icelle ? sur tous et chacun des biens et autres choses, meubles et immeubles et à venir, lesquels le dict de Fos tiendra et possédera chargés de la dite hypothèque, et à la charge d’icelle dicte somme entièrement rendre rembourser et restituer au dict de Prugue ou ceux à qui appartiendra en cas de desherés. La restitution jointe, et selon la coutume de Marsan en semblable cas de toute ancienneté observée et entretenue et maintenue, a promis et promet le dict de Fos rendre et restituer la dicte somme, maison, terre, dépendances, au dict de Prugue et ses hoirs en cas que restitution en soit lieux jour de la dicte coutume et en suivant.

Et selon les dicts pactes matrimoniaux et conventions et accords faicts et passés lors du dict mariage retenus par moi notaire soussigné daté du 19 mois d’avril l’an sous écrit 1536, et pour servir et faire ? les dictes renonciations, cession, transport et rémission et tout le contenu au présent instrument, les dicts Jean et Josèphe, conjointement et un chacun d’eux et pour le tout, renonçant au droit de division description et ? ….. à eux donné au préalable entendre et aussi que d’une des parties en son endroit en ce qui lui touche, ont obligé attesté et hypothéqué, obligent affectent hypothèquent les dictes parties chacune d’icelles les unes envers les autres tous et chacun leurs biens et choses meubles et immeubles présents et à venir.

Iceux soumettront et soumettent aux rigueurs cohertions et contraintes de toutes cours spirituelles et temporelles, une cour ne cessant ni et avant par l’autre, renonçant sur leur bon gré à exception de n’avoir fait et passé de jurement par chacune d’icelles, prêté et dessous inséré à toute impétration des lettres de grâce, de répit, gèlement de contrainte ou autres impétration à impétrer impugnation.

Les choses soussignées et prédites à dispensation et relaxation et sujétion de ces dictes présentes à rétention de leur domicile à tous délais à toutes ? aux droits aidant aux dépens et fraudes outre la moitié de susdict prise aux droits disant que généralement renonciation ne vaut et ne tient sinon autant que la clause est expresse, et par spéciale la dicte femme qui a renoncé à la loi publie au bénéfice du Sénat : Consul : Mlle Jeanne a l’authentique signa « mulier sine anret » et à tous autres droits faicts et introduits en faveur des femmes.

Et généralement ont renoncé et renoncent les dictes parties à tous autres droits écrits et non écrits, lois, coutumes, usages, franquises, constitutions, ordonnances des terres et pays quelconques et sous toutes autres exceptions direptions renonciations de droit, de fait et de cautelle à ce nécessaires et permises de droit, qui pourraient aider aux dictes parties à venir ou faire venir contre la teneur de présent instrument.
Et ainsi l’ont promis et juré l’un après l’autre aux quatre saints évangiles de Dieu, notre Seigneur, le tout à manière que dit est, accomplir, ne le révoquer, ni venir au contre en aucune manière, requerrant à moi notaire soussigné, du tout revenir et bailler réciproquement et à chacune des parties, acte et instrument.

Lequel leur a octroyé, ici a été faict et passé en la dicte ville, le dernier du moys de décembre l’an 1536, en présence des sieurs Bertrand de Bordenave, Fortaner de Labeyrie, Barthélemy du Fresche, Menauton Datdaÿ, bourgeois et marchands, et Jean de Capdevielle de la dicte ville, au faire passer, témoins appelés et requis, et de moi Jean de Joye, notaire royal habitant de la dicte ville, qui, le présent instrument ai retenu, noté et registré et faict collation au propre original d’icelui de mon signet authentique duquel use en mon instrument public.
Le signé en foi et témoin des clauses prédites prié et requis avec un paraphe.


Archives familiales Defos du Rau, original

samedi 18 septembre 2010

Enfants de Jean de Fos et Claire du Rau

Le 25 novembre 1624 a été baptisé Pierre de Fos, fils de noble Jean de Fos avocat du roy au siège présidial de Dax, et de Claire du Rau demoiselle. Parrain noble Pierre du Haa, sieur du Rau, et marraine Romaine de Fos demoiselle.

Signé : Du Rau parrain, De Fos père, Desclaux présent
AD des Landes, BMS de Dax, 1624



Le 25 janvier 1626 a été baptisé Blaise Luc de Fos, qui naquit le 15 du dit mois. Parrain Blaise de Fos, écuyer, frère de Mr Jean de Fos, conseiller et avocat du roy, et oncle du dit Blaise Luc, et marraine Jeanne du Rau, femme de Jean de Larrivière écuyer, sieur de Lorreyte, et tante du coté maternel du dit baptisé. En présence de noble Laurens de Lalanne sieur de Bruthails (...)
Signé De Lalanne présent, Defos père
AD des Landes, BMS de Dax, 1626


Le 24 février 1630 a été baptisée Françoise de Fos, fille de Mr M° Jean de Fos avocat du roy, et de Claire du Rau demoiselle. A été parrain Mr M° Duboys (...) et marraine Françoise du Rau demoiselle, présents les soussignés.
Signé De Fos père, Duboys parrain, Françoise du Rau marraine
AD des Landes, BMS de Dax, 1630


Le 8ème octobre 1631 a été baptisé en cette église par Mr M° François Gassiat curé de la dite ville, François de Fos, fils de Mr M° Jean de Fos conseiller et avocat du roy au présent siège présidial, et de Claire du Rau demoiselle, sa femme. Parrain Mr de (...) conseiller au dit siège présidial et marraine  demoiselle Jeanne du Rau sœur de la dite Claire du Rau, présents les témoins soussignés.
Signé De Fos père, Dufaux lieutenant général, (...) parrain
AD des Landes, BMS de Dax, 1631


Le 7 janvier 1633 a été baptisé Saubat de Fos, fils de Mr M° Jean de Fos avocat du roy au siège présidial de Dax, et de Claire du Rau demoiselle conjoints. Parrain Mr M° Saubat Desclaux conseiller du roy au dit siège et marraine  Castelmar de Poy dame du dit lieu épouse du sieur d'Oro, présents les soussignés.
Signé De Fos père, Desclaux parrain, de Maysonnave, de Marcillac, Leclerc
AD des Landes, BMS de Dax, 1633

Généalogie de la maison de Fos et des Vicomtes de Marseille

GENEALOGIE HISTORIQUE
DE  LA MAISON DE FOS
ISSUE DES VICOMTES DE MARSEILLE,
DES COMTES D'ARLES  ET DE PROVENCE
Revue Historique de la Noblesse 1846 – Original Bibliothèque généalogique de Paris
Revue mensuelle sous la direction de M. Borel d’Hauterive, archiviste paléographe


Issue des vicomtes de Marseille qui ont les comtes souverains d'Arles et de Provence pour aïeux,  la maison de Fos est sans contredit du petit nombre de ces anciennes familles encore existantes qui puissent prétendre à la plus antique et à la plus illustre origine.

Les commencements de l'histoire du grand fief connu sous le nom de comté d'Arles, comté de Provence et marquisat de Provence, sont entourés d'une obscurité qui à partagé le sentiment des historiens. Selon quelques-uns, les comtes de Provence seraient descendus en ligne féminine de Boson, premier roi d'Arles.

Vers le milieu du 10ème siècle ils étendirent leur titre et leur autorité , et leur nom devint la terreur des infidèles. Guillaume Ier, comte d'Arles, fils de Boson II, par ses victoires sur les ennemis du pays qu'il réduisit à la servitude et par la sagesse de son gouvernement, mérita justement les titres de grand, de prince très chrétien, de père de la patrie ; elles l'autorisèrent à se qualifier marquis de la province d'Arles, marquis de Provence, prince de toute la Provence.

Pons Ier, troisième fils de Boson II, reçut de ce même Guillaume, son frère, le vicomté de la ville inférieure de Marseille en apanage héréditaire, sous la condition de reconnaître sa suzeraineté. Ses successeurs, étendant la juridiction et les dépendances de ce fief, possédèrent dans la suite un territoire d’une vaste étendue. Ils devinrent maîtres d’une cinquantaine de villes, bourgs ou villages, parmi lesquels on distinguait Toulon, Hyères, Six-Fours, Olières, Soliers, Bregançon, La Ciotat, Cassis, Ceyreste, Trets, Belcodenes, Porrières, Peynier, la Cadière, le Castellet, le Bausset, Aubagne, Puilobier, Alauch, Fos, Saint-Julien, Saint-Marcel, Roquevaire, Auriol, Puipin, Saint Savournin, Cujes, Signe, Juillans, les Penes, Venel, Gardane, Colongne, Cabris, Trebillane, Cignac, les Martigues, Chateauneuf-les-Martigues, la Tour-d’Embouc, Fez, Roquefeuil, Rousset, Chateauneuf le Rouge, Fuveau, Gréasque, Mimet, Pechauris et Ners.

Mais les vicomtes de Marseille virent leur pouvoir s’affaiblir insensiblement, et il y eut de leur faute, dit un historien, car leur caractère propre fut une dévotion sans lumières et sans bornes. La souveraineté de l’évêque ayant suivi de près dans Marseille la souveraineté des vicomtes, ces deux puissances se partagèrent la ville, d’où provinrent deux fiefs et deux villes : la supérieure possédée par l’église, et l’inférieure possédée par les vicomtes. Mais les seigneurs s’étaient continuellement affaiblis par la division du pouvoir, si bien qu’en 1170 on voyait cinq vicomtes, Hugues-Geoffroi III, Guillaume le gros, Barral, Raymond-Geoffroi et Roncelin, tous fils de Hugues-Geoffroi II. En outre, les vicomtes n’avaient point empêché les conseils de ville. Le peuple tira parti de ces circonstances et organisa la commune en dehors du fief sous le nom de confrérie du Saint-Esprit et l’autorité des confrères recteurs. Il régla, dans son seul intérêt, la paix, la guerre et les alliances, ne laissant aux vicomtes qu’une portion des droits domaniaux et de la justice. Ces fiers et riches marchands de la ville inférieure conçurent l’idée de se rendre libres et de joindre la seigneurie à la commune, en traitant avec les seigneurs. Ancelme, gentilhomme Marseillais, vendit quelques droits qu’il avait acquis du vicomte Roncelin (1211). Roncelin même, sans tenir compte d’une donation qu’il avait faite à Saint Victor, céda sa part (1213). Bientôt sont frère Raymond-Geoffroi et sa nièce Adalasie, femme de Raymond des Baux, fille et héritière de Hugues-Geoffroi, suivirent son exemple. Hugues des Baux, mari de Barrale, fille et héritière de Barral, à qui les citoyens avaient prêté de grandes sommes, les paya avec sa part de seigneurie (1214). Restait Mabile, femme de Gérard Adhémar, fille de Guillaume le gros. Celle-ci d’un caractère altier, ne pouvait souffrir qu’on parlât de vendre un si noble héritage. Enfin, partie par supplications, partie par menaces, elle se rendit au vœu public . Dès ce moment commença dans la ville inférieure la seconde république de Marseille.

Les vicomtes de Marseille faisaient leur demeure habituelle au château de Fos, situé sur l’étang de Berre ; c’est là qu’ils souscrivirent la plupart de leurs actes ; car ils ne se rendaient à Marseille que pour les affaires majeures de leur gouvernement. Leur séjour continuel au château de Fos leur fit donner ce dernier nom, et l’on rencontre constamment cette dénomination : Pons de Fos, Guillaume de Fos, etc. , vicomtes de Marseille. Ce nom de Fos, devenu patronymique dans toutes les branches issues des vicomtes de Marseille, fut définitivement adopté par Pons IV, vicomte de Marseille par indivis, qui se qualifiait seigneur de Fos, d’Hyères, d’Aix, de Cuers et de la Garde.

Placée par sa puissance et son importance féodale au rang des familles les plus considérables de la Provence, cette maison contracta toujours des alliances illustres.

Les membres de cette ancienne famille occupèrent pendant trois siècles les sièges des archevêchés et évêchés d’Arles, d’Aix, et de Marseille. Aycard de Fos, des vicomtes de Marseille, et Pons de Fos, son neveu, se croisèrent et accompagnèrent Raymond de Saint Gilles en Palestine. Les mêmes apposèrent leurs signatures au testament de ce prince, fait en 1105 au Mont-Pèlerin, et plus tard en 1142, à un autre acte souscrit par le comte de Tripoli, fils du même Raymond. Le nom et les armes d’Aycard de Fos, vicomte de Marseille, figure dans la salle des Croisades, au musée de Versailles.

La maison de Fos, par la multiplicité de ses branches qui se partagèrent entre elles les fiefs et les seigneuries, perdit sa richesse et son importance, et les guerres civiles de religion soulevées dans les provinces du midi de le France, foyer de ce vaste incendie, portèrent un rude coup à la fortune des descendants des puissants comtes d’Arles, anciens vicomtes de Marseille et marquis de Fos. Plusieurs d’entre eux, qui avaient embrassé le culte protestant, se virent dépouillés de leurs biens et chassés de leur patrie. L’un d’eux assistait à la reddition de la Rochelle, ainsi qu’on le voit dans l’histoire du siège de cette ville et dans un tableau que celle-ci a reçu de la magnificence royale. Leur malheur, en diminuant leur puissance, n’abattit point leur courage ; plusieurs donnèrent à la maison de nos rois des hommes d’armes et des officiers distingués ; d’autres brillèrent au premier rang parmi les magistrats du parlement de Toulouse. A une époque plus récente, nous voyons des membres de la maison de Fos parvenir, dans les armées impériales, aux plus hauts grades militaires. Plusieurs siègent aujourd’hui à la chambre des députés, et l’un d’eux, lieutenant général, a été un de ses questeurs. Enfin, l’un des rejetons de cette famille, dont une branche est fixée à Saumur, a été admis, par bulles du 8 février 1840, dans l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem.

Illustre dès l’époque où les grands fondateurs devinrent possesseurs définitifs du sol dont ils n’avaient eu que le gouvernement temporaire, la maison de Fos, comme nous venons de le voir, n’a pas démenti pendant huit siècles sa noble origine. Les titres de comtes souverains d’Arles et de Provence, de vicomtes de Marseille, de marquis de Fos, de barons de Borme ont été successivement portés par ses membres, dont les descendants actuels sont d’autant plus fondés à en continuer la jouissance que, par lettres patentes royales délivrées à cette famille en date du 22 novembre 1844, Léopold II, prince impérial d’Autriche, prince royal de Hongrie, grand duc régnant de Toscane, en considération de la haute estime qu’il accorda à cette famille, l’éleva au rang de sa haute noblesse et de premier ordre.

Nous allons maintenant donner l’histoire et la généalogie des différentes branches de cette maison.

Les vastes Etats de Charlemagne ayant été divisés par Louis le Débonnaire la Provence avec l'Empire et la Bourgogne échurent à Lothaire, son fils aîné, qu'il avait déjà associé  à la royauté.

L'Empereur Lothaire en mourant, fit un nouveau passage dans lequel Charles, son troisième fils, eut le pays compris entre le Rhône et la Méditerranée avec les comtés d'Uzès de Viviers et de Lyon. Ce royaume quitta alors le nom de royaume de Bourgogne pour prendre celui de royaume de Provence. Charles roi de Provence, étant mort sans postérité, ses deux frères l'empereur Louis, roi d'Italie, et Lothaire roi du pays d'entre le Rhin et la Meuse, se partagèrent ses Etats, Lothaire prenant le Lyonnais, le Viennois, etc., et Louis le comté d'Arles, etc. Ces derniers étant morts, Charles le Chauve, leur oncle, alla prendre à Rome la couronne impériale et à Pavie celle des Lombards et posséda dès lors l'ancien royaume de Provence tout entier dont il donna le gouvernement à Boson, comte de Vienne.

Boson était fils d'un Buwin comte des Ardennes. Il fut proclamé roi le 15 octobre 879 par les évêque, et son élection fut reconnue par les seigneurs. Boson mourut en 887 laissant de sa femme Hermengarde un fils nommé Louis et deux filles.

Quoiqu'il continua de posséder le royaume de Provence sous la tutelle de sa mère, le jeune roi ne prit pas le titre de roi. Ce ne fut qu'en 890, au concile tenu à Valence, qu'il fut proclamé roi, à l'age de quinze ans, par les évêques qui l'opposèrent à Rodolphe de Stratlingen qui avait été couronné roi de la Bourgogne transjurane dans La ville de Saint-Maurice, en Valais. Plus heureux dans la seconde expédition qu'il fit en Italie en 900 que dans celle qu'il avait entreprise l'année précédente, le roi Louis s'empara de Pavie, où il reçut de l'assemblée des seigneurs le titre de roi, et. étant entré dans Rome il obtint du pape la couronne impériale, vacante par la mort du roi Arnoult de Germanie. Ses succès ne furent pas de longue durée; Béranger son compétiteur l'ayant surpris dans Vérone, ne lui rendit la liberté qu'après lui avoir fait crever les yeux. Louis, surnommé l'Aveugle depuis cet évènement, conserva pendant toute sa vie le titre d'empereur et vécut à Vienne jusqu'en 923.

Louis étant mort, son fils, Charles-Constantin relégué dans son comté patrimonial de Vienne, ne conserva pas même l'autorité de fait sur le royaume de Provence. Hugues, fils du comte d'Arles, qui, pendant la vie de l'empereur Louis, était en quelque sorte devenu son maire du Palais, retint le souverain pouvoir sans prendre le titre de roi. Ayant été appelé contre Rodolphe II, roi de la Bourgogne transjurane, qui venait de recevoir la couronne d'Italie, Hugues se rendit à Pise et de là à Pavie, où il fut reconnu roi en présence des seigneurs et des évêques. Hugues n'ayant eu qu'un fils, Lothaire, qui fut le dernier de race, à sa mort, arrivée vers 947, laissa pour héritière de ses trésors Berthe, sa nièce, veuve de Boson roi d'Arles.

Le roi Boson, comme nous l'avons vu plus haut, eut d'Hermengarde sa femme, outre l'empereur Louis l'Aveugle, deux filles dont l'une épousa un seigneur nommé Rotbold, par lequel nous commencerons cette généalogie.



I. ROTBOLD Ier du nom, de la race comtale d'Arles, pendant la minorité et l'aveuglement de l'empereur Louis prit part à l'administration de ses Etats. Selon l'historien Bouche, il épousa une des filles du roi Boson qui avait été d'abord fiancée à Carloman, roi de Guienne, fils de Louis le Bègue, mort peu de temps après. De cette alliance il aurait eu, suivant le même auteur deux fils :
  • BOSON que les auteurs provençaux appellent Boson Ier. Ce seigneur posséda le comté d'Arles héréditairement par l'ancienne coutume des capitulaires. Il épousa Berthe, nièce de Hugues roi d'Italie qui ne lui donna pas d'enfants.
  • ROTBOLD qui suit.

II. ROTBOLD, IIe du nom, comte d'Arles, succéda à Boson, son frère, vers l'an 944, dans le comté d'Arles, qu' il gouverna jusqu'en 948, époque de sa mort. Il laissa deux fils :
  • BOSON II qui suit,
  • GUILLAUME, comte de Forcalquier et de Venaissin, qui, étant mort sans postérité d'Arsinde sa femme, laissa ses États à son frère.

III. BOSON II , comte d'Arles et de Provence en 948, avait une autorité reconnue ou prétendue du littoral de Marseille jusqu'a Fréjus et sur tous les comtés des deux provinces ecclésiastiques d'Arles et d'Aix, comme fief relevant de la Bourgogne transjurane. Il mourut avant l'année 968, laissant de Constance sa femme, trois fils :
    • GUILLAUME qui lui succéda ;
    • ROTBOLD, comte de Forcalquier et de Venaissin, qui seconda Guillaume I, son frère, dans l'expédition contre les Maures. Il mourut vers l'an 1008, avant eu d'Hermengarde, sa femme, un fils et une fille. 
      GUILLAUME
      , son fils selon de Ruffi, lui succéda dans le comté de Forcalquier, et fut comte de Die par son alliance avec Alaris, comtesse de Die, et qui fut sa seconde femme. Il eut trois fils et une fille:
      a.
      BERTRAND comte de Forcalquier, d'Avignon, de Montfort et d'Ambrun, qui transmit à sa postérité le comté de Forcalquier, qui fut réuni à celui de Provence par le mariage de Garsende de Sabran, petite-fille de Guillaume VI, dernier comte de Forcalquier, mort en 1208, avec Alphonse II, comte de Provence,
      b. GEOFFROI
      , surnommé Ponce, qui fut comte de Die qualité qui lui est donnée dans un acte de l'an 1053. Il eut pour successeur Isoard, son fils, qui fit le voyage de la terre sainte avec Godefroi de Bouillon. Celui-ci fut père de deux fils : b1I. ISOARD, qui fut comte de Die en 1155 et qui n'eut qu'une fille qui porta ce comté à Guillaume, comte de Poitiers et de Valentinois. Le comté de Die fut vendu, en 1404, par Louis de Poitiers, au roi Charles VI, qui l'annexa au Dauphiné; b1II. JOSSERAND, seigneur de Luc et autres places, qui est regardé comme la tige de la maison d'ARTAUD de MONTAUBAN,
      c. GUILLAUME de Forcalquier,
      d. ETIENNETTE, mariée à Guillaume le Gros, vicomte de Marseille.
    • PONS, qui fut la tige des Vicomtes de Marseille dont la descendance sera rapportée.


    IV. GUILLAUME Ier ne porta d'abord que le titre de comte d'Arles mais la destruction des Maures étendit son titre et son autorité. Rotbold, son frère, ayant attaqué ces barbares sans les vaincre, Guillaume marcha contre eux en personne en 972, les battit, rasa leur château de Fraxinet et les réduisit la servitude. Le roi Conrad le Pacifique lui ayant donné les terres en­levées aux Maures, il s'occupa de rétablir les villes de Saint­-Tropez, de Toulon, et de Fréjus, qu'ils avaient détruites, et de partager les campagnes entre les seigneurs. Ce beau triomphe porta bien haut le nom de Guillaume Ier; la Provence reconnaissante lui donnera le titre de Grand, de Prince très chrétien, et de Père de la patrie. Guillaume le Grand mourut, sous l'habit de moine, à Avignon, en 992. Saint Mayeul, abbé de Cluny, avec lequel il était lié d'une étroite amitié, l'assista dans ses derniers moments. Son corps fut porté à Sarrian, au delà de la Durance.
    D'Adelais, sa femme, il eut un fils qui lui succéda : GUILLAUME II. qui suit


    V. GUILLAUME II, comte de Provence, étant encore mineur à la mort de son père, Rotbold, son oncle, administra ses Etats. Guillaume, par le décès de Rotbold, qui, depuis la majorité de son neveu, avait partagé avec lui le souverain pouvoir, rentra dans la pleine possession de la seigneurie à l'exclusion de Guillaume, son cousin, fils de Rotbold. Ce prince faible et d'une piété aveugle mourut en l'année 1018, et fut inhumé au monastère de Mont­majour. Il avait épousé Gerberge de Bourgogne, fille d'Otte­-Guillaume, comte de Bourgogne, de laquelle il eut deux fils.

    VI. Comme Guillaume III, dit aussi Guillaume-Bertrand, et Geoffroi son frère, étaient mineurs, Adélàïs, leur aïeule, et Gerberge, leur mère, exercèrent pour eux l'administration du comté. Le puîné eut les mêmes droits que l'aîné; on leur fit partager le pouvoir sans diviser le territoire. Ces deux princes profitèrent de la faiblesse de Rodolphe III, dit le Fainéant, leur seigneur suzerain en sa qualité de roi d'Arles, pour raffermir le sceptre dans leurs mains, comme s'ils ne l'eussent tenu que de Dieu et de leur épée. En 1045, ils donnèrent à l'évêque de Vaison la moitié de sa ville épiscopale.

    Guillaume III mourut en 1053. Geoffroi, restant seul comte, associa au pouvoir les deux fils de son frère, Geoffroi II et Guillaume IV. Depuis la conquête de l'ancienne ville d'Antibes ces princes gouvernaient en suzerains dans toute l'étendue des provinces d'Arles, d'Aix et d'Embrun. Ils se qualifiaient comtes par la grâce de Dieu et battaient monnaie à leur effigie. Par le partage, Geoffroi conserva les droits ou les pré­tentions des comtes d'Arles sur le pays d'entre la mer, le bas Rhône, la Durance et les Alpes, c'est à dire dans la Provence orientale, et ses deux neveux reçurent les droits ou les prétentions de leur race sur la contrée d'entre la Durance, le Rhône et l'Isère, c'est à dire dans la Provence occidentale.

    Alors ceux-ci chassèrent d'Avignon la famille vicomtale établie en sous ordre par Guillaume le Grand ou ses successeurs, prirent le titre de marquis de Provence, comtes d'Avignon, et placèrent dans cette ville le siège de leur puissance.

    En 1063 Geoffroi, marquis de Provence orientale, mourut, laissant d'Etiennette, sa femme, un fils, Bertrand II, qui lui succéda, et une fille, Gerberge, que nous verrons régner après son frère.

    Dans la Provence occidentale, Adélais, fille du comte d'Avignon Guillaume, mort en 1083, et héritière tant de celui-ci que de son oncle Geoffroi (d'Avignon) décédé en 1094, porta son fief à son époux Ermengaud comte d'Urgel, de la maison des comtes de Barcelone en Espagne.

    Dans la nouvelle lutte entre le sacerdoce et l'empire, Bertrand II prit une part active à la querelle des investitures qui divisa le pape Grégoire VII et l'empereur Henri IV. Cette lutte amena pour les deux marquisats de la Provence orientale et occidentale un temps d'anarchie qui ébranla l'autorité des comtes et agrandit l'autorité de leurs feudataires.

    Ce fut dans ces circonstances qu'Aycard, de la maison vicomtale de Marseille, archevêque d'Arles, chercha à délivrer sa ville primatiale du pouvoir des comtes. Il embrassa le parti de l'empereur pour s'opposer au comte d'Arles, zélé partisan du pape, et appela contre lui les vicomtes de Marseille ses parents, et le comte de Toulouse Raymond de Saint Gilles. Bertrand, voyant un des seigneurs de Marseille prendre le titre de comte d'Arles, et le comte de Toulouse occuper le territoire provençal, se serra davantage autour du pontife romain. Il fit hommage de tout son fief en 1081 au pape Grégoire VII, envers lequel il avait une aveugle soumission. Néanmoins, le prélat d’Arles, bravant l’excommunication fulminée contre lui, tint tête à l’orage, et le marquis de Provence fut définitivement chassé de sa ville capitale.

    Les mêmes évènements qui atteignaient la maison comtale d’Arles frappèrent aussi les comtes d’Avignon qui, forcés d’abandonner leur capitale et ne pouvant entrer dans la ville épiscopale de Sisteron, commencèrent à habiter le château de Forcalquier. Adélaïs, femme du comte d’Urgel, régnait alors dans la Provence occidentale.

    A la mort, sans postérité, de Bertrand II, comte d’Arles, marquis de Provence, arrivée en 1092, après un règne de 29 ans, Etiennette, sa mère, s’empara de la régence qu’elle retint pendant trois ans, c’est à dire jusqu’à sa mort. Puis on vit régner ensemble Gerberge, sœur de Bertrand, et le mari de celle-ci, Gilbert, surnommé le Bon, vicomte de Gévaudan et seigneur de Milhaud, que l’on suppose avoir assisté à la première croisade. Gilbert et Gerberge eurent deux filles, Etiennette et Douce. Etiennette épousa le seigneur des Baux, auquel elle apporta en dot un grand nombre de châteaux et de domaines. Douce fut mariée à Raymond-Béranger IV, comte de Barcelone. Après la mort de Gilbert arrivée en 1109, Gerberge, sa veuve, céda à Douce la Provence orientale. Celle-ci, par acte du 13 janvier 1115, en investit Raymond-Béranger, son époux.

    Ainsi la Provence fut possédée toute entière par la maison de Barcelone, issue de Geoffroi, surnommé le Velu, comte de Barcelone sous Charles le Chauve. Raymond-Béranger III (de Provence), dernier comte de cette maison, étant mort le 9 août 1245 ne laissant que quatre filles, Béatrix, la dernière, porta ce comté en dot à Charles de France, comte d’Anjou, frère du roi Saint Louis, dont les descendants l’ont possédée jusqu’en 1481, époque à laquelle mourut sans postérité Charles du Maine, neveu du roi René, qui, par son testament, donna la Provence et tous ses Etats au roi de France Louis XI, et à ses successeurs.

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    BRANCHE DES VICOMTES DE MARSEILLE



    I. PONS Ier, dit le jeune, vicomte de Marseille, troisième fils de Boson II, comte d’Arles et de Provence, et de Constance sa femme, et frère de Guillaume Ier dit le Grand, comte de Provence, fut apanagé, suivant les historiens de Provence Bouche, Ruffy père, Gaufridi et le président Maynier, de la ville inférieure de Marseille et d’autres terres voisines, telles que les seigneuries de Six-fours, Soliers, Ceireste, Cuges, Ollières, Fos, etc., avec le titre de vicomte, sous la condition de la foi et hommage au comte d’Arles. Pons mourut vers l’an 980, laissant trois fils :
    • GUILLAUME, qui lui succéda,
    • PONS, tige des marquis de Fos, dont la postérité sera rapportée,
    • HONORE, évêque de Marseille, qui fit rebâtir la célèbre abbaye de Saint Victor de cette ville, que les Sarrasins avaient ruinée.

    II. GUILLAUME Ier, vicomte de Marseille, que quelques auteurs surnomment Guillaume II, lui donnant pour père un autre Guillaume qui n’était que son oncle, obtint en récompense des services qu’il rendit au comte d’Arles, Guillaume le Grand, son oncle, pour lui et ses successeurs, des terres considérables dans le diocèse de Toulon, et notamment la ville épiscopale de ce nom et le bourg d’Hyères, qui avaient été occupés par les Maures. Le vicomte de Marseille contribua beaucoup à la restauration du monastère de Saint Victor, auquel il donna en 1001, avec Hermengarde sa femme, et Pons leur fils, évêque de Marseille, un lieu désigné sous le nom de Almes dans la charte qu’il fit souscrire par ses enfants. Guillaume donna encore au même monastère, en 1004, la moitié d’un bourg appelé Campagne, puis une portion du lieu de Cugnes et la moitié du fief de Chastellar. Il mourut cette même année 1004, après avoir pris, du vivant même de sa femme, suivant l’usage de ce temps, l’habit de Saint Benoît des mains d’Uvifert, prieur de Saint Victor. Il avait épousé : 1° Bilièle ; 2° Hermengarde. Ses enfants furent :

    Du premier lit :
    • GUILLAUME , qui suit,
    • FOULQUES, vicomte de Marseille par indivis, qui fit don, avec Odile sa femme, à Astrude, sa sœur consanguine, mariée avec un seigneur nommé Lambert, que l’on suppose frère d’Odile, de la terre de Tourves, et d’une autre appelée Ascolaria, situées dans le diocèse de Fréjus, et encore d’un fief nommé Matilicas. En 1014, Foulques et Guillaume, son frère, signalèrent leur piété par les grandes libéralités qu’ils firent non seulement au monastère de Saint Victor de Marseille, mais encore à plusieurs autres de la Provence. Il mourut en 1069, sans laisser de postérité.
    • PONS, qui succéda, du vivant de son père, à Honoré, son oncle, dans l’évêché de Marseille, et qui eut quelques seigneuries dans le partage des biens paternels.
    • ARNULPHE, mort avant son père ;
    • BILIELE, mentionnée dans le partage des biens de son père et connue comme bienfaitrice de Saint Victor.
    Du second lit :
    • ASTRUDE, mariée à un seigneur du nom de Lambert, avec lequel elle reçut différents biens de Foulques, son frère, et d’Odile, sa femme, par charte dont on ignore la date, donnée à Toulon.


    III. GUILLAUME II, surnommé le Gros, vicomte de Marseille, fit de grands biens à l’abbaye Saint Victor et à d’autres, par chartes des années 1014, 1044 et 1045, et mourut en 1047. Il avait épousé : 1° Asceline ; 2° Etiennette de Forcalquier, fille de Guillaume comte de Forcalquier et d’Alaris comtesse de Die, qui lui survécut et fit plusieurs donations aux églises et abbayes de Marseille.

    De ces deux alliances sont provenus :

    Du premier lit :
    • GUILLAUME III, qui suit,
    • AICARD, vicomte de Marseille par indivis, mort peu de temps après son père, ne laissant qu’une fille dont le nom est inconnu ;
    • PONS, évêque de Marseille en 1040 ;
    • GEOFFROI, dont la postérité sera rapportée plus loin ;
    • GARSENDE, qui était en 1077 abbesse de Saint Sauveur de Marseille ;
    • Une autre fille, que les chartes ne nomment point, qui fut mariée à Franco, vicomte de Fréjus.
    Du second lit :
    • ETIENNE, décédé avant son père ;
    • BERTRAND, décédé avant son père ;
    • PIERRE, surnommé Saumade, qui eut en partage quelques terres situées en Provence. Il fit en 1055 une donation au monastère de Saint Victor, avec sa femme et ses enfants. Il avait épousé une dame nommée Odoara Thucia, de laquelle il eut cinq fils qui ont formé plusieurs branches dont on ignore la destinée.

    IV. GUILLAUME III, dit le jeune, vicomte de Marseille, à l’exemple de ses ancêtres, se montra libéral envers les établissements religieux de Marseille, qu’il combla de bienfaits, par différentes chartes. Il mourut en 1085, laissant d’Aldegarde sa femme :
    • GUILLAUME IV,
    • FOULQUES,
    • GEOFFROI,
    • AICARD,
    Tous quatre vicomtes de Marseille, morts sans postérité.

    Aicard prit l’habit monastique dans l’abbaye de Saint Victor, à laquelle il fit don en 1069, de la moitié du château de Vidauban, que les religieux échangèrent à Pons, vicomte de Marseille, pour le château et le terre de Grimaud ;

    V. PONS II, vicomte de Marseille, qui, après la mort sans postérité de ses frères, épousa Salomé, surnommée Burgundia, de laquelle il eut deux fils, Guillaume V et Foulques, qui moururent sans enfants avant ou peu après leur père. Le vicomté de Marseille fut alors réuni dans la maison de Geoffroi I, fils de Guillaume le Gros.

    VI. GEOFFROI Ier, quatrième fils de Guillaume le Gros, vicomte de Marseille, dans les luttes qui eurent lieu entre l’empire et le sacerdoce, voulant s’affranchir de la suzeraineté des comtes d’Arles, marquis de Provence, et étendre son autorité, prit le titre de vicomte d’Arles, en même temps que le comte de Toulouse occupait militairement le territoire provençal. Geoffroi fit en qualité de vicomte d’Arles des donations considérables aux abbayes de Marseille. Il mourut en 1090, laissant de Rixende, sa femme, cinq fils et une fille dont les noms suivent :
    • GEOFFROI, mort sans alliance avant son père ;
    • AICARD, d’abord moine de Saint Victor, fut élu archevêque d’Arles en 1063. Dans les démêlés de l’empereur Henri IV avec le pape Grégoire VII, l’archevêque d’Arles, comme nous l’avons vu en parlant des comtes de Provence, prit parti pour l’empereur, pour se soustraire à l’autorité du comte Bertrand, qu’il chassa de sa capitale, et fit prendre le titre de vicomte d’Arles à son père, qu’il avait appelé à son secours avec ses autres parents, les seigneurs de Marseille, pour soutenir la lutte qu’il avait engagée avec le comte de la Provence orientale. Aicard assista au concile d’Avignon, tenu en 1080 ;
    • HUGUES-GEOFFROI, qui suit ;
    • RAYMOND, évêque de Marseille ;
    • FOULQUES, religieux à l’abbaye Saint Victor. Lorsqu’il prit l’habit de Saint Benoît avec Pierre, son frère, Geoffroi, leur père, donna à cette abbaye le lieu de Sixfours avec toutes les terres en dépendant, comme formant la portion héréditaire qu’ils avaient à prétendre dans ses biens ;
    • PIERRE, religieux de Saint Benoît, ayant été élevé à la dignité archiépiscopale du siège d’Aix en 1082, confirma tous les privilèges que ses prédécesseurs avaient accordés au monastère de Saint Victor, et lui donna les églises de Saint Jacques d’Esparron et de Sainte Foi d’Artignon, et lui fit encore plusieurs donations considérables. Il assista en 1095 au concile tenu dans sa métropole.
    • PONS, seigneur de Peynier, vicomte de Marseille en partie, qui, ayant été excommunié par le pape pour retenir les biens de l’église, fut absous, après les avoir rendus, par Bertrand, évêque de Marseille, que le saint-père avait délégué à cet effet. Ce seigneur, sur le point de partir pour Rome, donna une partie de ses biens aux abbayes et aux églises. Il fut marié deux fois. Le nom de sa première femme est ignoré ; la seconde se nommait Guérarde. Ses enfant furent :
      Du premier lit :
      a. AICARD, prévôt de l’église cathédrale de Marseille, qui fit le voyage de la terre sainte avec Raymond de Saint Gilles, comte de Toulouse, dont il était le compagnon et l’ami, dit l’historien de Marseille ; il souscrivit au testament de ce prince fait en Syrie le 31 janvier 1105. Ses armes figurent à la salle des Croisades du musée de Versailles. Il mourut dans un age très avancé, puisqu’en 1158 il fit, sur les saints Evangiles, serment d’obéissance à Pierre, évêque de Marseille, en présence des évêques de Carpentras et de Toulon ;
      Du second lit :
      b. GEOFFROI II, qui portait la qualité de prince de Marseille, et fit deux hommages à l’archevêque d’Arles, l’un en 1132, l’autre en 1154, et mourut en 1160 ;
      c. AMIEL, souche d’une branche qui s’éteint à la quatrième génération.
      d. ROSTAING, archevêque d’Aix

    VII. HUGUES GEOFFROI Ier, vicomte de Marseille, étant sur le point de partir pour la terre sainte, à la suite de Godefroi de Bouillon, restitua aux moines de Saint Victor les biens qu’il détenait et qui leur avaient été donnés par Geoffroi, son père, et fit le partage avec Pons de Peynier, son frère, de la vicomté de Marseille et du reste de l’héritage patrimonial. Il mourut en 1150, laissant de Douce d’Adalberon un fils qui suit :


    VIII. RAYMOND GEOFFROI Ier, vicomte de Marseille, eut de grandes contestations avec les religieux de l’abbaye de Saint Victor, auxquels il retenait le lieu de Sixfours que Hugues Geoffroi I, son père, leur avait restitué avant son départ pour la croisade. L’affaire ayant été portée à la cour de Raymond Béranger, comte de Barcelone et de Provence, fut remise à trois arbitres qui les mirent d’accord, et par charte de l’an 1156, le vicomte de Marseille restitua le lieu de Sixfours, et les moines lui firent d’autres concessions en échange. Raymond Geoffroi I eut de Pontia, sa femme, les enfants dont les noms suivent :
    • HUGUES GEOFFROI II, qui suit,
    • BERTRAND, vicomte de Marseille, coseigneur de Trets, qui fit en 1165, avec son frère aîné Hugues Geoffroi II, et son neveu Hugues Geoffroi, une transaction avec Pierre, évêque de Marseille, au sujet de la ville supérieure de Marseille, en présence de Raymond, archevêque d’Arles, et de Raymond, évêque de Carpentras ;
    • GEOFFROI III, vicomte de Marseille, qui de Sarde, sa femme, laissa deux fils :a. GEOFFROI de Marseille, qui fit hommage en 1170 à l’église cathédrale de Marseille, des terres de Cuges, de Roquefort, de Julians, et de Gemenos, comme mouvantes de la baronnie d’Aubagne.
      b. HUGUES-GEOFFROI, qui, de même que son frère, ne laissa pas d’enfants, ou du moins les titres n’en parlent pas.

    IX. HUGUES GEOFFROI II, vicomte de Marseille, seigneur de Trets, conjointement avec Bertrand, son frère, et Geoffroi son neveu fils de Geoffroi III, fit en 1165 une transaction avec Pierre, évêque de Marseille. Il mourut en 1170, laissant de sa femme Cécile, cinq fils qui partagèrent la vicomté de Marseille :
    • HUGUES GEOFFROI III, qui suit,
    • GUILLAUME, dit le Gros, vicomte de Marseille, qui mourut le 31 mai 1188, ne laissant de sa femme, que l’historien de Marseille appelle Laure, qu’une fille Mabille, qui suit : MABILLE, mariée à Gérard d’Adhémar, un des plus puissants seigneurs de la Provence, souverain de Monteil, seigneur de Grignan. Ils vendirent aux habitants de Marseille leur portion de la vicomté pour la somme de cinquante mille sols royaux et une pension perpétuelle de cent livres ;
    • BARRAL, vicomte de Marseille, qui fut gouverneur de la Provence sous Alphonse I roi d’Aragon, comte de Barcelone et de Provence. Il assista en cette qualité en 1190 à la vente que Guillaume de Pennes fit aux religieux de la Celle de la moitié du lieu de Pennes. L’année suivante, il déchargea, en faveur de l’abbaye de Saint Victor, le château de Cereste de plusieurs droits. Il mourut en 1192. Il avait épousé : 1° Adelaïde de Roquemartine ; 2° Marie de Montpellier, fille de Guillaume, seigneur de Montpellier, et d’Eudoxie, fille d’Emmanuel empereur de Constantinople, qui épousa en secondes noces, par contrat de l’année 1197, dans lequel elle se qualifie veuve de Barral, Bertrand comte de Comminge. Ce mariage ayant été annulé par l’église, elle se remaria en 1204 avec Pierre II, roi d’Aragon, et mourut à Rome en 1219. Elle eut de son premier mariage avec Barral : BARRALE, mariée à Hugues des Baux, fils de Bertrand des Baux et de Thiburge d’Orange, et frère de Guillaume, prince d’Orange. Les habitants de Marseille leur avaient prêté de grandes sommes qui leur servirent à racheter la part qu’ils avaient sur la vicomté, et dont ils retirèrent encore quarante six mille sols royaux et trois mille de pension perpétuelle. Ils eurent un fils, Gilbert des Baux, seigneur d’Aubagne, du Castelet et du Revest, marié à Sybille, dame de Toulon, fille de Geoffroi, vicomte de Marseille et de Guillemette de Blacas, dont il sera fait mention plus loin ; il fit son testament le 25 juin 1233, et mourut sans postérité.
    • RAYMOND GEOFFROI, dont il sera parlé ci-après,
    • RONCELIN, vicomte de Marseille, qui se qualifiait quelquefois comte de Marseille, ayant embrassé l’état monastique dans l’abbaye de Saint Victor, le quitta pour épouser Adalasia, sa nièce ; mais, menacé des censures ecclésiastiques, il reprit dans le cloître l’habit qu’il avait déposé. Il fit le partage avec Mabille et Barrale, vicomtesses de Marseille, ses nièces, et leurs maris, des terres qui étaient dans sa province, possédées par indivis. Il vendit aussi à la ville de Marseille sa portion de vicomté, et mourut en 1216.


    X. HUGUES GEOFFROI III, vicomte de Marseille, seigneur de Trets, Toulon et Aubagne, engagea à Guillaume Viraud et à un juif du nom de Botin la quatrième partie du port de Marseille pour la somme de 20.000 sols royaux couronnes qu’ils avaient payés pour lui, avec la recette des droits ordinaires pour les intérêts, et leur donna, pour cautions de cette cession, Roux, seigneur de Châteauneuf, et Guillaume de Montolieu. De Sybille, sa femme, il eut :
     
    • ROSTANG D’AGOULT, qui avec ses deux frères, donna permission en 1224 de construire des maisons dans la ville de Toulon, sur le port, afin que leurs vaisseaux et leurs galères puissent charger toutes les choses qui leur étaient nécessaires, sans payer aucun droit. Il mourut le 16 septembre 1261, sans laisser de postérité ;
    • RAYMOND GEOFFROY, qui avec Geoffroi, son frère, permit en 1212 aux chartreux de Montrieu de transporter du blé, du vin, de l’huile dans les terres de leur dépendance, sans payer aucun droit. Il laissa deux fils : Isnard d’Entrevenes et Reforciat, qui firent un échange, au mois de décembre 1262, avec Charles d’Anjou, comte de Provence, et Béatrix son épouse, de ce qu’ils possédaient dans la ville de Toulon, provenant de la succession de Rostang leur oncle.
    • GEOFFROI dit Gaufridet, qui est qualifié de vicomte de Marseille, épousa Guillemette de Blacas, fille de Blacas II, seigneur d’Aulps, de Vérignon, de Carros, de Beaudinar, et de Huguette sa femme, qui lui apporta en dot la somme de 15.000 sols royaux couronnes et la moitié de la terre d’Aulps. Il vendit, en 1219, à l’archevêque d’Aix la quatrième partie de la terre de Jonques, pour la somme de 16.000 sols royaux. Guillemette de Blacas fit son testament en 1224, par lequel elle demanda à être inhumée dans le monastère de Celle, fit plusieurs legs à l’abbaye de Turonet et à celles des religieuses d’Almonarre et de Saint Pons, et laissa le reste de ses biens à sa fille, et mourut peu de temps après. Geoffroi lui survécut jusqu’au mois de juin 1230. Ils n’eurent qu’une fille : SYBILLE, dame de Toulon, de Trets, de Castellane, et de la moitié de la terre d’Aulps, qu’elle avait recueillie de l’héritage de sa mère, fut mariée : 1° avec Gilbert des Baux, son cousin, fils de Hugues des Baux et de Barrale, vicomtesse de Marseille ; 2° avec Boniface V de Castellane, seigneur de Castellane et de Riez, avec l’autorisation duquel elle accorda en 1252 quelques privilèges à la ville de Toulon. Boniface fut décapité à Marseille en 1247, pour avoir porté les habitants de cette ville à se soulever contre Charles Ier d’Anjou, comte de Provence. Il était fils de Boniface IV, seigneur de Castellane, de Salerne, de Villecroze et de vingt-six autres terres, et d’Agnès de Spada, dame de Riez. Sybille mourut sans enfants, et par son testament de l’an 1261, elle veut être inhumée dans le cimetière de la grande église de Toulon, institué pour son héritier Charles d’Anjou, comte de Provence, et fait plusieurs legs à Bertrand et à Boniface de Blacas, ainsi qu’à Hugues des Baux, ses cousins.


    XI. RAYMOND GEOFFROI II surnommé Barral, quatrième fils de Hugues Geoffroi II, fut vicomte de Marseille, seigneur de Trets et d’Ollières. Il est connu par sa piété et les largesses dont il combla les abbayes, entre autres celles de l’ordre de Citeaux et des Chartreux. Il vendit aux habitants de Marseille sa portion de la vicomté pour la somme de 40.000 sols royaux couronnes, excepté la tour où il faisait sa résidence. Il est à remarquer que les palais des vicomtes de Marseille étaient faits en forme de tours. Un sceau de ce prince, appendu à une charte de l’an 1209, porte d’un coté un chevalier armé de toutes pièces, de l’autre un écusson chargé d’un pal. De Marquise Ixmille, sa femme, il eut deux fils :
     
    • GEOFFROI, surnommé Reforciat, qui ne laissa qu’une fille : SYBILLE, qui n’ayant pas d’enfants de son mari nommé Cassian, gentilhomme provençal, légua en 1261 par son testament tous ses biens à Charles Ier d’Anjou, comte de Provence.
    • BURGONDION I, seigneur de Trets et d’Ollières, donna en 1242 aux chartreux de Montrieu un pâturage situé à Mazaugues, avec les mêmes droits qui leur avaient été accordés par Mabille d’Agoult de Pontèves, sa femme, dame de Mazaugues. Il fit son testament en 1246, par lequel il ordonna sa sépulture dans l’abbaye de Saint Victor de Marseille, à laquelle il fit plusieurs dons, ainsi qu’à d’autres monastères. De cet acte, il appert qu’il avait épousé : 1° Alazazie, fille d’un seigneur distingué de Marseille ; 2° Mabille d’Agoult de Pontèves, dame de Mazaugues, fille de Isnard II d’Agoult et de Douceline de Pontèves. Ses enfants furent :

      Du premier lit : a. RAYMOND de ROQUEFEUIL, seigneur de Puilobier, qui, d’Améliane, sa femme eut BURGONDION III, seigneur de Roquefeuil, marié à Béatrix ou Cécile de Fos, qui le rendit père, entre autres enfants de BURGONDION IV, seigneur de Puilobier, qui fit son testament en 1350, duquel il appert qu’il n’eut qu’un fils : ISNARD de ROQUEFEUIL, seigneur de Puilobier, qui épousa Catherine de Puget de Albanesio, dont vinrent quatre filles, Sance et Philippine, religieuses à la Celle ; Béatrice et Isoarde, mariée avec Jean de Sabran, baron d’Ausouis, auquel elle porta la seigneurie de Puilobier.
      Du second lit :

      b. BURGONDION II, seigneur de Trets et de Roquefeuil en partie, qui de Béatrice de Barras n’eut que trois filles : Mabille, Béatrix, mariée à Barras de Barras, seigneur de Saint Etienne ; Blande de Trets, religieuse de Saint Zacharie.

      c. ISNARD D’ENTREVENNES, surnom que portait ordinairement la branche aînée de la maison d’Agoult. Lorsque celle-ci reprit l’usage de son nom primitif d’Agoult, les Ollières suivirent son exemple ; et comme jusqu’aux mêmes noms de baptême se retrouvent souvent dans les deux maisons, il en est résulté de grandes difficultés pour distinguer ce qui appartenait à chacune d’elles et ne pas les confondre, comme l’a fait l’historien Guy-Allard. Isnard fut seigneur d’Ollières, et de Décane d’Uzès, sa femme, eut quatre fils : Raymond Geoffroi, l’aîné, épousa Maragde de Lorto, fille du seigneur de Montfrin, qui lui donna deux fils et trois filles. L’un de ses fils, Jacques d’Ollières, quitta son nom de famille pour porter le nom et les armes d’Agoult, du chef de sa bisaïeule, qu’il transmit à ses descendants, en mémoire de cette alliance contractée par sa famille, et non par suite d’aucune substitution connue ni même présumable. Cette seconde maison d’Agoult était représentée au milieu du 18ème siècle, par Joseph Gabriel Gaspard Anne d’Agoult, des vicomtes de Marseille, marquis d’Ollières, fils de Gaspard d’Agoult et d’Anne-Marguerite de Fortia de Piles, marié, le 27 juin 1752, avec Marie-Anne de Lannion, fille unique de Jean Baptiste Pierre Joseph, marquis de Lannion, maréchal des camps et armées du roi, et de dame Marthe de Kersulgen ;

      d. DRAGONET, seigneur de Porcils et de Pourrières ;

      e. RAYMOND GEOFFROI, seigneur de Rosset et de Bulcodènes, qui se fit religieux de Saint Benoît et se rendit si recommandable par ses vertus, qu’on l’élut général des frères mineurs, au chapitre tenu à Rieti, en 1289, en présence du pape Nicolas IV. Il refusa l’évêché de Padoue, qui lui fut offert ;

      f. BEATRIX, religieuse de Saint Zacharie

      g. DOUCELINE;

      h. CECILE, mariée à Gaucher, fils de Guillaume, comte de Forcalquier. Elle fut légataire de son père pour la somme de 20.000 sols raymondis, outre les 5.000 qu’il lui avait constitué en dot.

      i. BRIANDE et SANCE, légataires de leur père pour 10.000 sols chacune.

     __________________________________________________________________

    BRANCHE
    DES MARQUIS DE FOS, DES VICOMTES DE MARSEILLE




    I. PONS II de FOS, premier du nom dans cette branche, fils puîné de Pons Ier vicomte de Marseille, et frère de Guillaume I vicomte de Marseille, et petit-fils de Boson II, comte d’Arles, est considéré, selon l’Histoire de Marseille, par M. de Ruffy, et l’Histoire de la noblesse de Provence, par Artefeuille, comme tige de la maison de Fos. Il est mentionné avec Guillaume Ier, vicomte de Marseille, son frère, dans une charte antérieure au mariage de ce dernier avec Hermengarde, sa seconde femme, c’est à dire avant l’an 1000. Les historiens ci-dessus cités lui donnent pour fils Guy de Fos, qui suit.


    II. GUY de FOS, seigneur de Fos et d’Hyères, vivant vers le milieu du 11ème siècle, est rappelé dans une charte de donation de l’an 1081, que souscrivent Rostaing et Amiel, deux de ses fils, en faveur du monastère de Saint Gervais et de Saint Protais, dans laquelle ils mentionnent leur père et mère et leur frère décédés. Guy, avec Astrude, sa femme, avait fait à l’église d’Avignon une donation considérable consistant en maisons, vignes, terres cultivées et incultes, salines et étangs, et qui fut confirmée et même augmentée par charte donnée en 1085 par Rostaing et Amiel, ses enfants. De son alliance avec Astrude, il eut :

       1. PONS DE FOS
       2. GUILLAUME DE FOS

    qui sont rappelés comme décédés avec leurs père et mère, dans une charte de l’an 1085, souscrite par Rostaing et Amiel, leurs frères.

       3. GUY DE FOS, qui souscrivit à la charte de donation que firent au monastère Saint Victor de Marseille, au mois de juillet 1075, Rostaing et Amiel, ses frères. Il était décédé en 1081, ainsi qu’il appert d’une charte à cette date, par laquelle Rostaing, archevêque d’Aix et Amiel, ses frères, l’épouse et les enfants de ce dernier, font une donation au monastère de Saint Gervais, principalement pour le repos de son âme, et pour celles de leurs père et mère ; il est encore rappelé dans la charte de 1085, avec deux de ses frères aussi décédés.
       4. AMIEL DE FOS, qui continue la descendance
       5. ROSTAING DE FOS, archevêque d’Aix, qui assista au concile d’Avignon en 1060. La Gaule chrétienne nous a conservé trois chartes qu’il souscrivit et desquelles nous allons parler à l’article d’Amiel son frère. Rostaing vivait encore en 1085, mais il est probable qu’il mourut en cette même année ; car Pierre, fils de Geoffroi, vicomte de Marseille, et de Rixende, lui succéda dans l’archevêché d’Aix en cette année 1085.



    III. AMIEL de FOS, seigneur de Fos et d’Hyères, et Rostaing, son frère, archevêque d’Aix, donnèrent un étang et deux salines, situées près du château d’Hyères, à Dieu, à la Vierge, à Saint Victor, à l’abbé Bernard et au moine du monastère de Marseille, par charte du III des nones de juillet 1075 (annexe 1). Ils souscrivirent une autre charte en 1081 (annexe 2), Grégoire VII étant alors souverain pontife, par laquelle ils firent don, pour le repos de l’âme de Guy leur frère, et de leurs père et mère, à l’abbaye de Saint Gervais et Saint Protais, au diocèse d’Arles, d’un lieu situé près de leur château de Fos, que leurs ancêtres avaient fondé en franc-alleu, et dont ils commirent l’administration à Hugues, abbé de Cluny, et à ses successeurs. Ces seigneurs vivaient encore en 1085 ; car, par une charte de cette même année (annexe 3), non seulement ils confirmèrent, mais encore augmentèrent un don fait par Guy et Astrude, leurs père et mère, à l’église d’Avignon.

    Amiel avait épousé une dame nommée Garcias, qui est mentionnée avec lui dans les chartes de 1075, 1081 et 1085, ainsi que leurs enfants, dont les noms suivent :

    1. PONS III DE FOS, dont l’article suivra,

    2. BERTRAND DE FOS, qui assista à la charte de donation de l’an 1081 et à celle de 1085, qu’il approuva. Il fut père de :
    • AMIEL DE FOS, qui eut pour fils GUY DE FOS, mort sans laisser de postérité de Guillaumette de Blacas, sa femme.

    3. RAYMOND DE FOS et

    4. GUY DE FOS qui souscrivirent à la charte de 1081, et donnèrent leur consentement, avec leur mère et leurs frères, à celle de 1085.

    5. GEOFFROI, marquis de Fos et d’Hyères, qui souscrivit et consentit les mêmes chartes. Il forma une branche de laquelle sont sortis :
    • GUY DE FOS, des vicomtes de Marseille, qui fut élu archevêque d’Arles vers 1188, et qui conserva cette dignité jusqu’à sa mort, arrivée le 14 des ides de mars 1211, après avoir gouverné son église pendant vingt-cinq ans et sept mois.
    • PONS DE FOS qui fut père de
      I. RAYMOND GEOFFROI, seigneur d’Hyères, qui, en 1217, vendit aux Marseillais la portion qu’il possédait des châteaux et seigneuries d’Hyères et Brégançon, des salines des Iles d’Or, avec tous les droits qui lui étaient échus dans la succession de sa mère, pour la somme de 10.000 sols royaux. Le sceau de ce seigneur portait d’un coté le lion et de l’autre une étoile à huit raies, avec cette légende : Sigillum dominorum Arearum. De sybille, sa femme, il eut :
      a) Rostaing de Fos,
      b) Geoffroi Irat de Fos,
      c) Guillemette de Fos, des vicomtes de Marseille, qui épousa Humbert ou Obert Ier du nom, comte souverain de Vingtimille, fils de Othon III, comte de Vingtimille, avec lequel elle signa le 27 juillet 1217 à Hyères une quittance de 750 sols royaux, pour reste de sa dot, dont elle déchargea Raymond Geoffroi, son père. De cette alliance sont issus Guillaume, tige de la branche des comtes de Vingtimille et de Tende, du surnom de Lascaris, et Emmanuel, qui donna naissance à la branche des comtes de Vingtimille en Provence, de laquelle sont sorties celle des barons d’Ollioules, qui prirent le surnom de Marseille, et celle des marquis de Luc ;
      II. GEOFFROI IRAT
      III.GUY CAMERLENC
      IV.GUILLAUME DE LA GARDE, seigneur de la Garde
      V.PONS DE FOS
      Qui confirmèrent en 1223 l’aliénation des seigneuries d’Hyères et de Brégançon faite par Raymond Geoffroi, leur frère, quatre ans auparavant, aux Marseillais. En la même année, Geoffroi-Irat et Guillaume de la Garde vendirent à la communauté de Marseille leurs droits sur la seigneurie de Brégançon.


    IV. PONS III de FOS, chevalier, seigneur de Fos et d’Hyères, fit un don à l’abbaye de Saint Protais et Saint Gervais, vers l’an 1081, avec l’approbation de Rostaing, son oncle, archevêque d’Aix, et de ses frères ; la même année, il souscrivit une charte de donation qu’avaient faite à cette même abbaye Amiel son père, et Rostaing son oncle. Il fit hommage, au commencement du 12ème siècle, à Raymond-Bérenger Ier, comte et marquis de Provence. « La charte de l’hommage, dit un historien de Provence, nous donne une idée de la société provençale de ces temps, où les droits du marquis, hors de ses domaines, se réduisaient presque généralement à l’honneur révérenciel, au service dans les combats, et dans les plaids, les barons étant chez eux de vrais souverains qui réglaient en dernier ressort la justice et la police de leur fiefs, de sorte que c’était une fédération de monarques sous un autre monarque plus honoré et plus puissant ». Pons de Fos eut de sa femme, dont le nom est ignoré, un fils du même nom que lui, qui suit :


    V. PONS IV de FOS, coseigneur de la ville d’Aix, seigneur de Fos, d’Hyères, de Cuers et de la Garde, épousa Walpurge d’Agoult. De cet alliance sont issus :

    1. AMIEL DE FOS, dont l’article suivra,

    2. GUY DE FOS, coseigneur de Fos, qui, du consentement d’Amiel son frère aîné, vendit par acte du 8 mars 1180 la part qu’il avait dans la seigneurie de Fos à Guillaume de Porcelet. Depuis cette époque la seigneurie de Fos se trouvant possédée par les deux maisons de Fos et de Porcelet, ces seigneurs eurent un sceau commun entre eux, et l’on trouve dans les archives de MM. Renaud d’Alein, qui ont possédé la seigneurie de Fos qu’ils ont eu de la maison de Porcelet, un titre de l’an 1208, duquel pend un sceau de plomb où, d’un coté, est empreinte la figure d’un lion (armes de la maison de Fos), et de l’autre un pourceau (armes de la maison de Porcelet), et autour on lit ces mots : Bulla dominorum castri de Fossis.

    3. Et trois autres fils que l’on dit morts sans alliances ;


    VI. AMIEL II de FOS, titré marquis de Fos, seigneur souverain d’Hyères, de Cuers et de la Garde, fit le 2 mars 1188, conjointement avec Guy de Fos, son frère, un traité de paix avec Guillaume de Porcelet, seigneur de Fos, après une guerre sanglante dans laquelle il avait été fait prisonnier. Ce traité fut juré solennellement sous le portail de la métropole d’Arles, en présence de l’archevêque de cette ville, de celui d’Aix, et de plus de deux cents seigneurs et gentilshommes des deux partis. Cet acte fut scellé aux armes de Porcelet. Amiel II fut attaqué dans ses possessions par Alphonse II, roi d’Aragon, comte de Provence, qui lui disputait le droit de souveraineté ; mais il déploya tant de valeur dans cette circonstance qu’il força ce prince à opérer sa retraite. Il vivait encore en 1202. Il avait épousé Alazie de Laydet, dame de Lavéna, de laquelle il eut :

    1. RAYMOND GEOFFROI, marquis de Fos, seigneur d’Hyères,

    2. GUILLAUME DE FOS, marquis de Fos, coseigneur d’Hyères, dont la mort est mise, par l’historien de Provence Nostradamus, sous la date de 1252. Il n’eut pas d’enfants.

    3. ROGER DE FOS, qui continue la descendance,

    4. BERTRAND DE FOS, seigneur de la Garde et de la Valette, qu’il échangea avec Charles Ier, comte de Provence, contre celles de Canet et Pierrefeu. On ignore s’il a eu postérité ;

    5. GUY DE FOS, dont on ignore la destinée ;

    6. MABILLE DE FOS, mariée au seigneur d’AGOULT, baron de Sault

    Tous ces enfants, qui restèrent fieffés (possédant fiefs), furent obligés de souscrire au traité de soumission et d ‘échange qui leur fut imposé par Charles Ier d’Anjou, comte de Provence, qui, redoutant leur puissance dans la contrée, voulait les éloigner du littoral de la mer. Ce traité est de 1257.

    On trouve encore, à la même époque, Athon de Fos, qui souscrivit, au mois de juin 1262, à Montpellier, avec Jaubert, vicomte de Castelnau, Didier de Termes, Raymond Gaucelin seigneur de Lunel, Gausserand de Pins, Fernand Sanchez fils du roi d’Aragon, le contrat de Pierre, infant d’Aragon, avec Constance, princesse de Sicile.



    VII. ROGER de FOS, des vicomtes de Marseille, seigneur de Fos et d’Hyères, céda au mois d’octobre 1257, ainsi qu’il est dit plus haut, la ville d’Hyères, les îles et les châteaux qui en dépendaient, à Charles Ier d’Anjou, comte de Provence, pour les terres de Bormes, de la Mole, de Colobrières et autres. Il épousa Tiburgette des Baux, fille de Guillaume III des Baux, prince d’Orange, et de Walpurge d’Agoult, laquelle était fille de Bertrand d’Agoult, dit de Mison, IIIème du nom, et de Béatrice de Mévouillon.

    De son mariage sont issus :

    1. GUILLAUME DE FOS, qui va suivre,

    2. PHILIPPE DE FOS, dit Lavéna, qui est regardé comme auteur des seigneurs de Briançon. Il fut grand sénéchal de Provence, et suivit, avec Guillaume, son frère, et Roger, son neveu, Charles d’Anjou, à la conquête du royaume de Naples. Walpurge d’Agoult, son aïeule, lui donna en 1272 la terre de Poët, en Gapençois.

    De lui descendaient  (après plusieurs générations) :
    • a. Jean de Fos, dit Lavéna, coseigneur de Sigoyer, qui fut père d’Anne de Fos, mariée à Jacques de Fos de Laydet ;
    • b. Honoré de Fos, coseigneur de Sigoyer, dont la fille Louise fut la seconde femme du même Jacques de Fos.
    La branche de Fos, actuellement existante possède un titre de René d’Anjou, comte de Provence, en faveur de cet Honoré, sous la date de 1463, ainsi que l’acte ou traité de paix de 1257 avec Charles d’Anjou.

    3. BELETTE DE FOS, qui épousa Boniface de Castellane


    VIII. GUILLAUME de FOS, marquis de Fos, seigneur de Bormes, de la Mole, de Colobrières et d’autres terres que le comte de Provence avait données en échange à son père, accompagna Charles d’Anjou, comte de Provence, frère du roi Saint Louis, à la conquête du royaume de Naples. Il fut un des chevaliers qui servirent de témoins, en 1272, à l’hommage que Raymond des Baux, prince d’Orange, rendit au château de Suze à Bertrand de Clansages, évêque de Saint Pol. Il fut inhumé dans l’église des Templiers de la ville d’Hyères, ainsi qu’il appert des lettres souscrites en 1331 par Rossolin, son petit-fils. Il avait épousé Giraude, fille de Giraud, de laquelle il eut :

    1. ROGER II DE FOS, qui suit,

    2. ALAZIE DE FOS, mariée à Isnard de Grasse, 2ème du nom, seigneur d’Antibes, du Bar, de Sartous, de Saint Paul, etc., fils de Rambaud de Grasse, IIIème du nom, seigneur des mêmes lieux, et d’Etiennette de Boglio, en français de Beuil. Isnard fut choisi, conjointement avec Roger et Rostaing de Fos (V. Gaufredi, liv. V, fol. 180) par Charles d’Anjou, comte de Provence, pour être un des cent chevaliers qui devaient le seconder dans le fameux combat que le roi d’Aragon lui offrit et qui devait avoir lieu à Bordeaux en présence du roi d’Angleterre. Il fit partie de l’expédition d’Afrique entreprise par Saint Louis en 1270. De cette alliance sont descendus tous ceux de cette maison qui se sont divisés en quatre branche.



    IX. ROGER II de FOS, marquis de Fos, seigneur et baron de Bormes, de la Mole, et de Colobrières, suivit, avec Guillaume son père, Charles d’Anjou à la conquête du royaume de Naples. Il fit son testament en 1286 et fut inhumé dans l’église des Frères-Mineurs d’Hyères, comme le prouve une charte de 1331 que donna Rossolin, son fils, et dans laquelle il est rappelé avec Guillaume, son père. Il avait épousé Barrasse de Barras, de la maison de ce nom, ancienne et illustre en Provence, et connue dès le 11ème siècle, suivant les chartes des croisades d’Ambrun, où l’on trouve un Barras de Barras qui s’enrôla sous la bannière sainte pour la conquête de Jérusalem. Cette famille, qui s’est divisée en plusieurs branches, a donné un grand nombre de commandeurs et de chevaliers de Malte. De ce mariage sont provenus :

    1. ROSSOLIN DE FOS, des vicomtes de Marseille, qui suit ;

    2. ROSTAING DE FOS, seigneur de Bormes et de Colobrières, qui fut père de Consoline de Fos, dame de Colobrières, qui fut la première femme, vers 1300, de Raymond d’Agoult, IIème du nom, chevalier, baron de Sault, coseigneur d’Agoult, d’Apt, de Trets, de Barret, de Saint Estève, de Roussillon, etc., gouverneur de Marseille, grand sénéchal et capitaine général de la Provence, fils d’Isnard d’Agoult, dit d’Entrevenes, IIIème du nom, seigneur baron suzerain de la vallée de Sault, coseigneur d’Agoult, d’Apt, etc., surnommé le Grand, grand sénéchal de Provence, et de Briande Artaud, fille de Guillaume Artaud, seigneur d’Aix, et de Mabille de Montauban. De cette alliance sont sortis les barons de Sault, vicomtes de Reillanne, qui se sont éteints avec Raymond d’Agoult III, chevalier banneret, baron de Sault, vicomte de Reillanne, grand chambellan du royaume de Naples, grand sénéchal de Provence et amiral des mers du levant, qui, de son mariage avec Béatrix d’Agoult, sa cousine, eut Etiennette d’Agoult, mariée en 1394 avec Faulquet d’Agoult, seigneur de Barret, son cousin, auquel elle porta tous les biens de sa branche.


    X. ROSSOLIN I de FOS, chevalier, seigneur et baron de Bormes, épousa par contrat du 24 novembre 1286, Mabille d’Agoult, fille de Reforciat d’Agoult, seigneur de Vergons, de Baumes et de Murs, coseigneur d’Agoult, de Trets, et de la vallée de Sault, et de Raibaude, dame de Causols et de Cypières, sa femme, laquelle fit son testament le 21 mai 1332. Rossolin de Fos donna, le 3 juin 1304 une quittance de la dot de sa femme. Celle-ci ne vivait plus lors du testament de sa mère.. De son alliance Rossolin eut un fils, qui suit :


    XI. ROSSOLIN II de FOS, des vicomtes de Marseille, chevalier, seigneur et baron de Bormes, augmenta de huit livres une rente annuelle de sept livres que Roger, son aïeul, avait faite à l’église d’Hyères, comme il appert des lettres de l’évêque de Toulon du 9 mars 1330 (annexe 4). Dans d’autres lettres de l’année suivante, il nomme Roger, son aïeul, et Guillaume, son bisaïeul ; il rappelle aussi Douceline de Gantelme, sa femme, qui fut inhumée dans l’église des Frères-Mineurs de la ville d’Hyères. Ses enfants furent :

    1. ROSSOLIN III DE FOS, qui suit

    2. ROSSOLIN, dit le Jeune, seigneur de la Mole et de Colobrières, qui fut père de :
    • a. Jacques de Fos, seigneur de Colobrières et de la Mole, qui mourut sans laisser de postérité de Delphine d’Agoult, sa femme, en 1418. Ses biens furent recueillis, après sa mort, par la maison de Boniface, par suite d’une transaction conclue en 1424.
    • b. Alamane de Fos, mariée à Louis de Glandèves, seigneur de Faucon, fils de Guillaume Féraud de Glandèves, baron de Glandèves et de Cuers, et de Louise de Villeneuve, laquelle était fille d’Arnaud de Villeneuve, baron des Arcs, et de Bourguette de Sabran. De cette alliance sont issus les seigneurs de Faucon et de la Garde, du nom de Glandèves, qui sont depuis longtemps éteints.
    • c. Baronne de Fos, qui épousa Jean de Boniface, qui dans le partage fait en 1424 des biens de Jacques de Fos, eut les terres de Mole, et de Colobrières ; les seigneurs de Fombeton et de Vachères sortirent de cette branche. Sauveur de Boniface, son petit-fils, épousa, à Riez, Julienne de Ripert, au commencement du 16ème siècle. Il fit son testament en 1545. Antoine de Boniface, capitaine de 150 hommes d’armes sous Henri IV, marié à Jeanne de Régis, dont il eut Pierre de Boniface, qui acquit la terre de Peynier en 1592, et eut de Lucrèce de Laidet Fombeton, sa femme, Gaspard de Boniface Laidet. Pierre, fils puîné de Sauveur de Boniface, dont nous avons parlé plus haut, fut reçu lieutenant général des soumissions au siège de Forcalquier en 1555 . Il avait épousé en 1553 Jeanne du Pont, des seigneurs de Goult, mère de Jean de Boniface, qui de Claire Bernard la Bastide, sa femme, laissa deux enfants : 1° Martial, qui continua la branche d’Astouin, à Forcalquier ; 2° Hyacinthe de Boniface, seigneur en partie de Vachères en 1633, épousa à Marseille en 1659 Jeanne de Chabaud, avec laquelle il se retira à Aix, où il vécut dans la réputation d’un célèbre jurisconsulte. Il est auteur de la Compilation des arrêts du parlement de la chambre des comptes de Provence, ouvrage reçu avec un applaudissement universel. Une branche de cette maison s’établit en Normandie et était connue sous le nom des barons de Bolearde. Elle avait en 1752, quatre chevaliers de Malte.
    3. BEATRICE DE FOS, des vicomtes de Marseille, qui était mariée en 1333 avec Raymond d’Agoult, 5ème du nom, seigneur de Savournon, coseigneur de Baurières, de Barret, de Valdrôme, et de la vallée de Taurenne, fils de Raymond d’Agoult, 4ème du nom, seigneur de Luc et de Savournon. Leur postérité s’éteignit vers la fin du 15ème siècle.


    XI. ROSSOLIN III de FOS, seigneur et baron de Bormes, fut accordé par mariage avec Isoarde de Porcellets, fille de Guillaume IV de Porcellets chevalier, seigneur de Fos, de Martigues, de la vallée de Saint Pierre, de l’étang de Corrente, et baron de Provence, chambellan du roi Robert, comte de Provence, et d’Isoarde de Montauban, laquelle était fille de Raymond de Montauban, seigneur de Saint André, et d’Isabelle de Simiane. De cette alliance est issu :


    XII. ROSSOLIN IV de FOS, seigneur et baron de Bormes, fit son testament en 1386 ; il avait épousé Baucette de Blacas, fille de Blacas de Blacas, 5ème du nom, seigneur d’Aulps, un des principaux barons de Provence, et de Béatrix de Villeneuve, fille de Raymond de Villeneuve, seigneur de la vallée d’Ampus, de laquelle il eut :

    1. ROSSOLIN V DE FOS, qui suit,

    2. ALBERT DE FOS, tige d’une branche dont la généalogie va suivre.

    On trouve à la même époque une Sybille de Fos, femme de noble Pierre Riquéti, chevalier, qualité qui lui est donnée dans le testament d’Antoine Riquéti, son fils, du 5 mars 1411. Dans l’église de l’hôpital de la ville de la Seine, vis-à-vis Toulon, existait un mausolée qui le représentait, revêtu d’un cotte d’armes à l’antique, l’épée à la main, avec Sybille son épouse. D’eux descendent au 10ème degré Honoré Gabriel de Riquéti, comte de Mirabeau, l’orateur, et André Boniface Louis de Riquéti, marquis de Mirabeau, chef actuel de cette famille.


    XIII. ROSSOLIN V de FOS, seigneur et baron de Bormes, mourut sans laisser de postérité de Louise de Pierrefeu, sa femme, qu’il fit son héritière et qui donna la baronnie de Bormes en 1422 à Bertrand de Grasse, son frère utérin, seigneur du Bar, de Valettes, de Rouret, de Saint Paul, de Roquefort, conseiller d’Etat, ambassadeur auprès du duc de Bourgogne et du pape Nicolas V, gouverneur de Marseille et capitaine général. De Bertrand de Grasse, cette baronnie passa à Pierre, son second fils, auteur de la branche des seigneurs de Bormes, de la maison de Grasse, qui ont pris leurs alliances dans les maisons de Rodulph, de Roussen, de Portanier, de Villeneuve-Vence, etc., et qui se sont éteints dans la personne de Pompée de Grasse, marié avec Suzanne de Villeneuve des Arcs, de laquelle il n’eut que deux filles, dont l’une, Catherine, épousa Henri de Grasse, baron de Mouans, au commencement du 17ème siècle, et l’autre fut alliée à Jean de Cauvet de Marignane.

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    BRANCHE
    DE LA MAISON DE FOS, DES VICOMTES DE MARSEILLE,
    QUI PRIT LE NOM ET LES ARMES DE LAYDET



    I. ALBERT DE FOS, des vicomtes de Marseille, 1er du nom, fils de Rossolin IV, seigneur et baron de Bormes, et de Baucette de Blacas, avait été destiné à l’ordre de Malte qu’il quitta pour épouser, dans un âge avancé, Mabile de Laydet, dame de Sigoyer, sa parente au 7ème degré, comme descendante de Philippe de Fos, dit Lavéna. De ce mariage sont issus plusieurs enfants, entre autres :

    II. JACQUES DE FOS, qui fut institué héritier des biens de sa mère, à la charge de porter le nom et les armes de Laidet (1). Il fit son testament le 25 novembre 1468. Il avait épousé : 1° Anne de Fos-Lavéna, fille de Jean de Fos, dit Lavéna, coseigneur de Sigoyer ; 2° Louise de Fos, fille de Honoré de Fos, autre coseigneur de Sigoyer, Jean et Honoré de Fos étant descendants de Philippe de Fos, dit Lavéna. De ses deux alliances il eut :

    Du premier lit :

    1. BARTHELEMY DE FOS, dit Laidet qui fut père de François de Fos, seigneur de Sigoyer, qui, ayant embrassé la religion prétendue réformée, se trouva obligé de sortir du royaume et se retira auprès de l’électeur palatin dont il fut chambellan. Il mourut sans enfant, après avoir fait son testament en faveur de ses parents du nom de Fos ;

    Du second lit :

    2. ANTOINE DE FOS, dit Laidet, qui suit ;

    3. LIBERT DE FOS, souche de la branche établie à Orban et à Alby, rapportée ci-après.


    III. ANTOINE DE FOS, dit Laidet, seigneur de Sigoyer en partie par acte du 22 juillet 1485, chevalier de l’ordre du roi, un des commandants des albalétriers de Provence sous le règne de Charles VIII, lors de la bataille de Fornoue, pour la conquête du royaume de Naples en 1495. Il épousa Alixe Grolée de Bressieux (2), de laquelle il eut Jean de Fos, dit Laidet, dont les descendants, qui n’ont conservé que le nom de Laidet, qu’ils ont soutenu avec honneur, ont fait plusieurs branches, celles de seigneurs de Sigoyer, de Calissanne, de Montfort et de Vaumeil.


    Nous ne suivrons pas plus loin la généalogie, afin de continuer celle de la branche qui a conservé le nom de Fos. Nous dirons seulement qu’elle est représentée de nos jours par le général Laydet, membre de la chambre des députés et l’un de nos questeurs.

    On trouve encore à la même époque N… de Fos, qui fut s’établir à Béziers, où il épousa Marie de Saint-Felix, fille de Brémond de Saint-Felix, seigneur de Saussan et de la Pailhade, conseiller au parlement de Toulouse, général des aides de Languedoc, et de Jeanne de Boissevin, sa seconde femme.


    (1) La Critique de l’histoire de la noblesse de Provence, qui a pesé sur la majeure partie des meilleures familles de cette contrée, veut révoquer la possibilité de cette alliance, prétendant que la maison de Fos s’est éteinte dans les diverses branches des vicomtes de Marseille ; cette opinion prit racine dans les ventes que les divers descendants des vicomtes de Marseille firent tous des portions qu’ils tenaient dans cette vicomté à la ville même de ce nom, et aussi à l’extinction réelle de cette branche des vicomtes dont il a été parlé. Mais la branche des seigneurs de Fos qui fut apanagée de la terre de Bormes resta immuable et continua sa descendance en ne cessant jamais de conserver son nom de Fos, jusqu’au mariage d’Albert de Fos avec Mabile de Laidet, dame de Sigoyer, qui imposa à Jacques de Fos, son fils, l’obligation de quitter son nom pour prendre le nom et les armes de Laidet, afin de jouir de son héritage. On crut dès lors à l’extinction de la maison de Fos, parce que quelques-uns de ses membres ayant embrassé le protestantisme, tels que François de Fos, petit-fils de Jacques de Fos, dont il est ici question, et Albert de Fos, cousin du dit François, les écrivains catholiques ne voulurent faire aucune attention à leur descendance, et cependant il est avéré qu’il existait encore des de Fos à la mort de François de Fos, petit-fils de Jacques, puisqu’il testa en faveur de ses parents du nom de Fos.
    (2) DE GROLEE, maison ancienne et illustre, originaire du Bugey, où est situé le château dont elle a pris le nom. Cette baronnie, vendue par Antoine, seigneur de Grolée, chevalier de l’Annonciade, à Amé VII, premier duc de Savoie, qui la céda à Pierre de Bourbon, rentra dans la famille par l’acquisition qu’en fit en 1455 de ce dernier, Jean de Grolée, chanoine custode de l’église de Lyon, qui la donna à Jacques de Grolée, seigneur de Luys, son neveu, dont la postérité l’a toujours possédée à titre de seigneurie et de baronnie. Réunie à la seigneurie de Luys, elle fut érigée en comté par lettre d’Emmanuel-Philibert, duc de Savoie, du 29 juin 1580, en faveur de Claude, baron de Grolée.
    Plusieurs branches de cette maison, qui sont passées en Dauphiné, y ont toujours paru avec éclat et s’y sont soutenues par des dignités élevées, des emplois glorieux, des actions mémorables et d’illustres alliances.

    La branche des seigneurs de Neyrieu, de Bressieu, du Meuillon et autres lieux, dont était Alix de Grolée femme d’Antoine de Fos, dit Laidet, s’est éteinte dans la personne de Louis de Grolée de Meuillon, en faveur duquel la seigneurie de Bressieux avait été érigée en marquisat par lettre du mois d’août 1612. Cette famille était représentée par deux branches dans le siècle dernier.

    Armes : gironné d’or et de sable.
     
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    BRANCHE
    ETABLIE A ORBAN , A ALBY ET AUTRES LIEUX


    I. LIBERT DE FOS, troisième fils de Jacques de Fos et de dame Louise de Fos, sa seconde femme, fut père de :


    II. ALBERT DE FOS, comme François de Fos, dit Laidet, son cousin, embrassa la religion protestante et fut, comme lui, persécuté et forcé de quitter le royaume. Il passa en Espagne où il prit du service et s’y maria. Contraint de rentrer en France, il établit sa résidence à Orban, dans les environs d’Alby ; et il y fonda une branche de son nom, dont sont sortis plusieurs rameaux. Mais comme tous ceux de la religion protestante furent pendant plus de deux siècles persécutés à outrance et continuellement pillés et incendiés dans les guerres dites de religion, les titres, actes et divers papiers tant des archives publiques que des archives particulières furent enlevés et dispersés, et tous ceux qui concernaient particulièrement cette branche disparurent ; mais, depuis, une grande quantité ont été retrouvés et sont maintenant en possession de ces familles. Par ces ravages, suivis plus tard de ceux de 1593, la plupart de ceux qui avaient embrassé la religion réformée furent obligés de chercher les moyens de subvenir à leur existence et de soutenir leur position en exerçant diverses professions soit dans les armes, soit dans la magistrature, soit enfin dans les entreprises commerciales, ce qu’ils firent toujours avec distinction et honorablement. Albert de Fos fut père de :

    1. JACQUES DE FOS, qui continue la descendance ;

    2. DAVID DE FOS, né à Castres en 1570, conseiller du roi et contrôleur de ses domaines au comté de Castres en 1603 ; il est l’auteur d’un ouvrage qui a pour titre : Traité des droits du comté de Castres, un volume imprimé à Toulouse en 1633.

    Des branches fixées à Castres et à Alby, sont sortis d’autres rameaux : 1° ceux de MM. De Fos d’Orban ; 2° MM. De Fos d’Aussac ; 3° MM. De Fos de Beauzèle ; 4° MM. De Fos de Lacan, qui s’étaient établis à Alais ; MM. De Fos de Réalmont ; 6° MM. De Fos de la Salle.


    III. JACQUES DE FOS fixa sa demeure dans la ville de Castres, dont il fut consul en 1583. Il fut père de :

    IV. DANIEL DE FOS, quitta la ville de Castres pour aller établir sa résidence dans la ville d’Alby. Il fut accordé par mariage avec demoiselle Judith de Parisson, de laquelle il eut u fils Guillaume de Fos.

    V. GUILLAUME DE FOS, né le 31 juillet 1599, quitta la résidence de la ville d’Alby pour se fixer à Montarun, près d’Uzès. Il épousa demoiselle Catherine de Peyre, décédée le 1er octobre 1680, d’une ancienne famille alliée à celle de la Valette-Parisot au commencement du 14ème siècle. De cette alliance il eut pour enfants :

    1. PIERRE DE FOS, qui suit ;

    2. ISABEAU DE FOS, mariée à M. Chabaud de Blauzac.


    VI. PIERRE DE FOS, né à Montaren le 27 juillet 1639. Il épousa : 1° le 18 octobre 1664 demoiselle Antoinette de Lafond ; 2° le 18 avril 1678, demoiselle Isabeau de Bonnetie. De ces deux alliances sont provenus :

    Du premier lit :

    1. JACQUES DE FOS,
    2. ETIENNE DE FOS,
    3. PIERRE DE FOS,
    4. JEAN DE FOS,
    5. ANNE DE FOS,
    6. MARIE DE FOS,

    Morts jeunes et sans postérité.

    Du second lit :

    7. ETIENNE DE FOS,
    8. DIANE DE FOS,
    9. JENNY DE FOS.


    VII. ETIENNE DE FOS, 1er du nom, né le 29 avril 1679, établit ses fabriques considérables à Montaren pour subvenir aux besoins des protestants, ses coreligionnaires, qui étaient réduits à la plus affreuse misère. Il mourut en 1759, laissant de sa femme Isabeau de Mazel, plusieurs enfants, dont :

    1. DANIEL DE FOS,
    2. ETIENNE DE FOS, auteur de la branche établie en Anjou, rapportée ci-après.



    VIII. DANIEL DE FOS, 2ème du nom, né le 15 août 1715, continua les établissements de son père à Montaren, et mourut le 31 mai 1792. Il avait épousé demoiselle Bonnaud de Sauzet, de laquelle il eut :

    1. ETIENNE DE FOS,
    2. HENRI DE FOS,
    3. DANIEL DE FOS,
    4. MARIE DE FOS,
    5. ELISABETH DE FOS,
    6. ELISABETH-MARIE DE FOS.

    Cette branche, qui a donné des gardes du corps du roi, continue d’exister avec honneur à Montaren et Alby, où ses membres occupent des fonctions publiques distinguées.


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    BRANCHE
    ETABLIE EN ANJOU


    IX. ETIENNE DE FOS, 2ème du nom, né en 1722, entra au service dans la compagnie des gendarmes de la maison du roi ; mais ayant eu le malheur de tuer en duel un de ses officiers, il fut obligé de quitter ce corps, pour entrer dans le régiment de carabiniers, qui était en garnison à Saumur. Il se maria dans ce pays avec demoiselle Marie Massonneau, qui, étant catholique, lui fit abjurer le protestantisme, le 3 septembre 1748, à Plumartin, évêché de Poitiers. Depuis, il habita Beaufort, où il mourut au mois de juin 1753, laissant de son mariage :

    1. ETIENNE, qui suit,
    2. Une fille, morte en bas age.


    X. ETIENNE DE FOS, 3ème du nom, né posthume le 10 août 1753, fut compris dans le partage des biens d’Etienne de Fos, 1er du nom, son aïeul, chef de la branche de Montaren. Il épousa le 26 juillet 1784 demoiselle Anne Françoise Renée Huart, et vint se fixer, après ce mariage, dans la ville de Saumur, où il remplit diverses fonctions publiques qui le rendirent digne de mériter l’estime de ses concitoyens. Il mourut le 8 août 1845. De son mariage il eut :

    1. ETIENNE, 4ème du nom, avocat à Beaupréau, né le 11 avril 1785, mort à Nantes le 14 novembre 1843, sans avoir pris d’alliance.
    2. FORTUNE, qui suit,
    3. THEOPHILE, mort jeune,
    4. RENEE ANNE EUPHROSINE, née le 22 octobre 1786, mariée à M. Guille,
    5. EMILIE LOUISE, née le 15 novembre 1788, décédée en août 1790,
    6. HORTENSE, née le 7 mai 1792, morte le 7 septembre 1794.


    XI. FORTUNE DE FOS, né à Saumur le 15 décembre 1790, a exercé et exerce encore diverses fonctions publiques. Nommé maire de Gennes en 1832, il en remplit encore les fonctions, ainsi que celles de conseiller d’arrondissement. Léopold II, prince impérial d’Autriche, grand-duc régnat de Toscane, en considération de la haute estime qu’il daigne accorder à cette famille, dont Fortuné de Fos est aujourd’hui le chef, a délivré des lettres patentes en date du 22 novembre 1844, par lesquelles il l’élève au rang de sa haute noblesse et de premier ordre, avec inscription des noms et des armes de cette maison aux archives royales ; ces lettres patentes ont été visées à la chancellerie de France le 11 janvier 1845. Fortuné de Fos a épousé le 2 août 1814 demoiselle Geneviève Letheulle. De ce mariage sont issus :

    1. CHARLES DE FOS, né le 24 juin 1816, décédé le 19 novembre 1825 ;
    2. ANAIS DE FOS, né le 17 novembre 1820, morte le 3 mai 1823.
    3. GUSTAVE FORTUNE DE FOS, né le 15 février 1826, chevalier de l’ordre de Saint Jean de Jérusalem, par bulle du 18 février 1840 ;
    4. JACQUES ERNEST DE FOS, né le 19 septembre 1827 ;
    5. LEON DE FOS, né le 6 février 1831 ;

    Les armes de cette maison sont : de gueules, au lion d’or, couronné du même. Supports : deux lions, casque et couronne de vicomte.

    Paillot donne les armes d’une famille du nom de Du Fos, qui porte : d’or à trois pals de gueules, et qui n’a rien de commun avec celle de Fos dont nous venons de parler. La maison Du Fos, titrée comtes et marquis de Mery, est originaire du Quercy, et fut attachée très anciennement aux rois de Navarre ; une branche s’est transplantée en Picardie en 1502. Elle a produit des gouverneurs de villes et de châteaux, des grands baillis d’Amiens, de Corbie, des officiers supérieurs et des chevaliers de Saint Louis.